Une fois n’est pas coutume, je reviens sur un match du LS que j’ai regardé à la télévision. La dernière fois c’était pendant le Covid. Donc si une nouvelle pandémie nous tombe sur le coin de la gueule, vous saurez vers qui vous tourner.
1′ : j’arrive un peu à la bourre chez les parents. Le papa est déjà sur son fauteuil électrique avec le repose-pieds réglé à l’horizontale. L’accoutrement princier est de sortie : t-shirt, short du LS, les jarrets à l’air avec les chaussettes tirées jusqu’aux mollets et schlaps qui pendouillent au bout des panards. Y’a plus rien qui peut lui arriver. Fier comme Artaban, il me lance : « T’as vu, j’suis prêt, le coach peut me faire entrer quand il veut ! » Oui papa.
3‘ : votre serviteur s’ouvre une bière. Il ne faut jamais attendre d’avoir soif pour boire avec cette chaleur, dixit le toubib.
6′ : mésentente entre Soppy et Bergvall. Et ça commence.
10′ : le paternel se lève pour prendre une bière. The show must go on.
17′ : Vaduz ouvre le score. On râle et la maman se retient de dire : « C’est qu’du fote. »
20′ : le père baille.
24′ : BUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUT de Nene ! Le papa sort son « ET GÔLE » avec les index pointés vers le ciel. C’est un n’à un, balle au centre et le repose-pieds du fauteuil est rangé. Place aux choses sérieuses.
31′ : le créateur baille.
38′ : le chat fait sa ronde et ne perd pas de temps au salon. Pas folle la guêpe.
45′ : c’est la pause. Une chance qu’on n’ait pas joué à « une crevée de Poaty = une gorgée de bière » durant les 45 premières minutes car j’en connais deux qui auraient fini la tête dans la cuvette.
46′ : début de la seconde mi-temps. On se réjouit.
48′ : le padre va aux toilettes pour vider l’eau des olives. Heureusement qu’on a eu une pause de 15 minutes.
52′ : Vaduz double la mise. Et sans forcer, c’est ça le pire. Les Lausannois jouent visiblement à la balle à deux camps puisqu’ils s’éloignent soigneusement du ballon quand celui-ci est dans les pieds de l’adversaire.
58′ : Vaduz enfile le troisième avec la complicité de la défense lausannoise qui laisse un boulevard et de Mastil qui a enfilé des gants de cuisine à la pause.
59′ : Cozza et Nene doivent se demander ce qu’ils sont venus faire dans cette galère.
63′ : le daron baille encore. Il y aura eu autant de bâillements que d’erreurs de placement de la défense lausannoise.
66′ : on se fait chier donc voici une petite blague : vous savez comment les Belges font de la confiture de framboises ? En pressant les boules de Berlin.
70′ : Mastil effectue une énième parade. Sans les prouesses de notre dernier rempart, on serait rentré avec une valise. On lui pardonne donc sa boulette sur le 3-1.
73′ : le papa quitte son fauteuil pour donner à manger au chat. Un certain sens des priorités.
78′ : Vaduz se balade, danse sur le ventre de la défense lausannoise et heureusement que Ngonzo passait par là sinon ça finissait au fond.
81′ : le LS se donne de la peine, en fait et en a.
89′ : Ngonzo sauve encore une fois les miches de ses collègues qui se font avoir comme des stagiaires. On a une nouvelle fois frôlé le quatrième. Je vous rappelle qu’on joue chez le néo-promu.
90′ : 3 minutes de purge en sus, franchement fallait pas.
93′ : l’arbitre renvoie les deux équipes aux vestiaires. Défaite 3-1 et une semaine anglaise qui a fière allure : 3 matchs, 1 point et le doute qui s’installe avant un derby ô combien important dans une semaine. Entre la productivité offensive stérile et une défense qui a des allures de zone de libre circulation en laissant tout passer ou presque, il y a de quoi tirer la gueule.
L’effectif a subi des changements au cours de ce mercato, la mayonnaise doit prendre et ça ne se fait pas en deux gorgées de bière. Cette partition est jouée tous les mois de juillet, août et ça déborde sur septembre, on commence à connaitre la chanson. Mais hier ça allait au-delà de tout ça : des principes de base tels que l’attitude et l’esprit de révolte n’y étaient pas. Et ça, c’est plutôt inquiétant et ce n’est pas peu dire.
Après cette purge, on tire la chasse et on passe à table car, par bonheur, des linguine au Pesto alla Trapanese (pasta cu l’agghia, pour les puristes) concoctées par la mamma nous attendent. Allez, à la prochaine ou avant.
Védouble.
