Après avoir passé les tourniquets du stade et rejoint la coursive de la tribune D, je tombe sur un pote qui semble particulièrement ravi de remettre les pieds à la Tuilière : « Venir ici c’est comme retourner chez son ex : ça peut peut-être fonctionner. » Ambiance.
Et zébardi ! 70 jours après la défaite contre la classe biberon de GC, on prend quasiment les mêmes côté lausannois et on recommence. Rassurant ? Sur le papelard, oui parce que la constance a du bon. Mais seulement voilà : dans les faits, il y a de quoi trembler des genoux puisque l’effectif qui débute cette saison 26/27 est, à quelques menues retouches près, celui qui a magistralement tourné le dos à la bienséance après la trêve hivernale la saison dernière. Réjouissant. Ajoutons à cela un mercato aride composé à ce jour uniquement d’une poignée de retours de prêts, un banc qui fait peine à voir et il faut se démerder avec ça. Ainsi va la vie des supportrices et supporters du LS.
Après je ne vais pas cracher sur la stabilité. En effet, à l’opposé, les mercatos estampillés par le label salon de passe (en gros tu reviens au stade 2 mois après et tu ne reconnais plus personne) ce n’est pas la panacée non plus. Mais là c’est peut-être un peu trop stable et il y a de quoi faire la grimace. Car quand ton arrivée avec la plus grande valeur marchande actuellement correspond au retour de prêt de Konrad de la Fuente, ça me donne envie d’aller jouer avec les musiciens du Titanic.
Et comme si ça ne suffisait pas, tu commences ta saison avec un match qui pue le traquenard en affrontant un club qui a connu 3 changements de propriétaires au cours des six dernières années et qui est entraîné par un certain Peter Zeidler qui ne va pas se gêner pour venir mettre les pieds sur la table et se servir dans le frigo. Le cadre est posé.
Mais je vais quand même essayer de sortir du positif et ne pas parler de ce match par le petit bout de la lorgnette. En vrac :
-Le club ne prend plus la supportrice et le supporter pour un club anglais puisqu’il a eu la bonne idée de baisser les prix de certains produits aux buvettes. Salutaire ;
-On n’a pas pris de but (con) après moins de 5 minutes mais on a loupé un amorti et le ballon a fini en touche après moins de 30 secondes. C’est beau ;
-On a mené au score grâce à Bah Mendes, un jeune talent du cru qui s’est même laissé tenter par un grand pont. Divin ;
-On a vu une combinaison sur corner (la dernière fois que ça s’est produit Twint n’existait pas. D’ailleurs il fallait voir la bobine ébahie de mon pote après ce coup de coin : on aurait dit qu’il avait découvert le feu). Mieux, on aurait pu enfoncer le clou mais comme tout bon LS qui se respecte, on a préféré reculer pour ensuite encaisser le 1-1 (je ne reviens pas sur le placement plus que douteux de notre défense sur la touche de GC qui a précédé l’égalisation, j’ai un mot du médecin). Bref, on connaît nos classiques à Lausanne.
Pis bon, le fote ça tient à peu de choses vous me direz : tu mènes 1-0 et en tribune tu te dis que finalement on peut viser le top 6, sur un malentendu. Et quand tu prends le 1-1 c’est tout de suite la mort du petit cheval et tu te vois déjà à Wil un vendredi soir tout penaud sous la pluie. Sans mentir, tu lances un sociologue dans ce stade miskine il ne tient pas 5 minutes et finit par se pendre avec son écharpe. Dur.
On ne va bien évidemment pas tirer d’enseignements d’un match de reprise, cela ne sert strictement à rien mais il y a franchement de quoi s’inquiéter si les choses ne bougent pas (dans le bon sens, je précise car on ne sait jamais). Puisque si on n’est pas capable de taper ce GC-là, même avec admettons un 1-0 dégueulasse en parquant le bus, en posant des herses et en catapultant la balle sur la piste de l’aéroport de la Blécherette quand ça chauffe trop, ça risque de (trop) vite sentir le poney. Voilà, je termine là car, comme le LS hier soir, je m’arrête après 45 minutes d’effort.
En quittant le stade à la fin du match, mon pote me salue avant de tourner les talons : « Eh ben, je n’y retournerai pas chez mon ex. » Une atmosphère toute lausannoise.
Védouble.