Adieu Monsieur le Professeur.

Ce papier sort avec un léger retard. Un peu comme une phrase sensée en faveur du billet nominatif. Ah non, ça on attend toujours.

La nouvelle est tombée le jeudi 16 avril dernier : Peter Zeidler n’est plus l’entraîneur du FC Lausanne-Sport. L’information a fait l’effet d’une petite bombe même si la question n’était pas de savoir si, mais quand. Voyez plutôt : entre le classement actuel, les sorties de route en Coupe de Suisse et en Conference League puis les résultats en dents de scie en championnat depuis le début de l’année 2026, le bilan de l’ancien professeur de français n’a pas fière allure et ne parle pas vraiment en sa faveur. Ajoutez à cela la relation qui sentait le poney avec Stéphane Henchoz et vous obtenez une issue inévitable.

Comme je vous le disais, on la sentait toutes et tous un peu arriver cette éviction. D’un côté, l’Allemand aura permis à notre club de retrouver la phase de groupes d’une Coupe d’Europe puis de vivre un printemps européen avec, au passage, des victoires historiques et de prestige face à des écuries d’un tout autre calibre que la nôtre. Et de l’autre, plus les jours avançaient, plus ceux-ci semblaient comptés et rapprochaient PZ d’une poignée de main avec des déménageurs. Chaque point perdu avait l’allure d’un clou de cercueil dont le choix du bois et des poignées a été scellé par la direction après les récents naufrages à Lucerne et à Sion. Il n’y aura par conséquent plus d’entrée fracassante au G bar pendant que les enceintes crachent « BRRR, CHARGER, CHARGER ».

Même si les arguments sportifs avancés par Henchoz se situent entre « valables » et « discutables », c’est aussi très tentant de remettre en question la décision de l’ancien entraîneur du FC Bulle. Déjà, le classement n’est certes pas reluisant mais n’est pas misérable non plus. Et si 8 équipes se situaient au-dessus de la nôtre au classement après 33 journées et donc au moment de la scission de notre Super League en 2 groupes, c’est aussi parce que ces clubs ont peut-être (pour ne pas dire très certainement) mieux travaillé. Sur le terrain, bien entendu, mais également et surtout en coulisses. Zeidler n’est dès lors pas le seul responsable mais c’est toujours plus facile de pointer du doigt un coupable. Ce même coupable à qui on a notamment présenté un chantier en début de saison, à qui on a retiré Dussenne en août, Sanches en septembre puis Okoh en janvier. PZ n’a bien évidemment pas fait tout juste mais quid d’Henchoz, de la politique sportive du club et du profil des joueurs qui sont arrivés cette saison et leur compatibilité avec le style de jeu de l’entraîneur ? Est-on en droit d’attendre une remise en question et un éventuel partage des responsabilités ? Quand on voit la réponse de notre directeur sportif à la question d’Ugo Imsand-Curty (interview publiée dans le 24 heures le 17 avril dernier), c’est mal emmanché. Enfilez un casque car c’est de la haute voltige :

Sur le plan personnel, est-ce que vous prenez aussi une part de responsabilité en tant que directeur sportif ?
Dans ce genre de situation, on fait aussi son autocritique. Même si je n’ai pas les pleins pouvoirs, j’ai participé au choix du coach et amené Peter à Lausanne. Sans le succès espéré. Au LS, ce ne sont pas les dirigeants qui imposent le onze de départ ni les changements. La question est donc de savoir si le contingent est suffisant. Quand je regarde l’intérêt des autres clubs pour nos joueurs, que les positions sont doublées à chaque fois, qu’on a signé un talent comme Janneh en janvier, je pense que oui. Il n’y a pas beaucoup d’équipes en Super League dont je suis envieux.

Bouge pas Stéphane. Si on a besoin de rien, on vient vers toi.

Bon, assez chatouillé notre directeur sportif. Les coulisses c’est donc une chose mais il y a aussi (et surtout) un autre aspect dont on ne parle pas assez : les joueurs. Zeidler pouvait avoir toute la bonne volonté du monde, marcher sur les mains, cracher du feu ou encore dresser un ours mais ce n’est pas lui qui était payé à jouer à fote. C’est con mais particulièrement utile de le rappeler. Quand tu as une poignée d’entre eux qui n’a pas le rendement attendu avec des performances irrégulières et, par-dessus le marché, d’autres rigolos (suivez mon regard) qui atteignent leur 100% quand bon leur semble, qui décident de tirer au cul et qui choisissent leurs matchs, ça coince. Ces mêmes rigolos qui se moquent ainsi non seulement de leur entraîneur, de leur staff et de leurs coéquipiers, mais aussi des supportrices, des supporters et du club dans son ensemble qui les paie. Et ça, c’est impardonnable.

Il reste à espérer que cette fin de saison soit la moins soporifique possible et que les joueurs qui ont directement ou indirectement précipité la chute de Zeidler se sortent les doigts car, tout comme Henchoz, ils ne peuvent plus se cacher et sont attendus au tournant.

Védouble.

2 réflexions sur « Adieu Monsieur le Professeur. »

  1. Belle plume Romain !! bravo

    Sur le fonds, je pense que la participation à la conférence League a été enlevé des forces pour le championnat et que l’élimination a finalement mis à mal l’enthousiasme de l’équipe. bref allez Lausanne!

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