Voilà ce que devaient se dire les joueurs du FC Lausanne-Sport en rentrant au vestiaire après une nouvelle prestation décevante, la troisième en même pas dix jours.
Au moment d’ouvrir le tiroir-caisse en Finlande, le LS perd deux points face à KuPS Kuopio ou en sauve un, c’est selon. Je vous laisse choisir votre camp. Mais du côté des Lausannoises et Lausannois présent-e-s sur zone, une chose est sûre : plusieurs points de vie ont été égarés durant leur séjour.
Séjour toujours, coup de rétro sur ces cinq jours passés entre Helsinki et Tampere. Et je vous avertis tout de suite : il y a à boire et à manger, comme dirait l’autre.
J’ai aimé :
-Le nombre de bouibouis encore ouverts à l’aéroport d’Helsinki. Tu atterris à 23h un mardi soir et t’as des restaurants, bars et commerces tout le tour du ventre. Un régal ;
-Arriver au bar frais comme une laitue après avoir atterri puis tomber sur les solides qui ont déjà pris une légère avance. Il y n’a que les voyelles qui sortent de leur bouche, certains sont debout et tu croirais qu’ils portent des souliers à bascule tellement ça vacille. Et c’est mardi soir et t’es dans un bar à Helsinki. Et t’es content ;
-Petits plaisirs de la vie toujours, retrouver les potes qui arrivent à des jours et heures variables. À ce propos, on est mercredi soir et pas mal de Lausannoises et Lausannois poncent le bar. Un comparse vient d’atterrir et nous rejoint. Stupéfait, il contemple ce tableau bleu et blanc qui ne tiendrait pas 10 minutes au Louvre et me glisse : « On vit dans quelle matrice là ? » Féerique ;
-La bière locale. Elle descendait mieux que les armoires. Ils savent y faire. Par contre, n’y allez surtout pas pour le vin. C’est un truc à y laisser une molaire. Même les sauces n’en veulent pas ;
-Aller prendre le train le jeudi matin pour Tampere avec le soleil qui se levait. Il était environ 09h00, ressenti 06h12 ;
-Commander un espresso à la gare d’Helsinki juste avant de sauter dans le train pour Tampere. La commande est passée, avec une voix un peu rauque (le froid, tu connais) et un léger excédent de bagages sous les yeux (une heure de décalage horaire avec la Suisse quand même). Face à moi, la serveuse un peu pince-sans-rire me répond : « Un double, c’est ça ? » Je lui demande ensuite innocemment si elle propose le double à cause de ma voix et de ma tête et elle remue la tête de haut en bas. Ok, kiitos Madame ;
-Apprendre à dire « 4-4-2 en losange » en finnois. T’as tout du con mais en même temps t’es fier comme Artaban après ce petit exploit. Et le tout sans y laisser des syllabes en route mais avec tout de même du papier de verre dans la gorge ;
-Taper des thèses monumentales et faire des rires à plus de 2000 km de chez soi et tout ça pour du fote et 11 types qui courent derrière un ballon. C’est beau ;
-Chanter pour son club à l’étranger. Pour celles et ceux qui traversent la Suisse à longueur d’année pour suivre leur équipe à l’extérieur, peu importe les couleurs qu’elles/ils soutiennent, toutes et tous savent ce que c’est et connaissent cette sensation particulière de marcher vers le stade puis d’entrer en parcage : un doux mélange d’excitation et de fierté. Supporter son équipe dans une enceinte qui n’est pas le sienne c’est quelque chose d’assez grisant. Et cette sensation est décuplée quand on a la chance de vivre un déplacement européen et de découvrir un nouveau stade avec en prime un séjour qui va naturellement bien au-delà du match en lui-même. Indescriptible ;
-Le karaoké. Les locaux sont tellement impliqués que tu te dis qu’ils y jouent leur vie, ce n’est pas possible autrement. Et il fallait être là pour voir le cirque dans cette cave et l’étonnement des locaux quand une grappe de Lausannois a pris le karaoké d’assaut. Un collègue, bonnet LS délicatement posé sur le crémol, bière à la main et tout sourire me dit : « Imagine si on avait gagné ! » Une légende ;
-Le schnaps local, servi allègrement à ras bord par l’aubergiste. Un bain de pieds le bordel. C’est bien joli de s’intéresser à la culture locale mais t’en bois pas quatre verres en revanche. On se serait cru dans les Bronzés font du ski. À ça de nous faire le dessert ;
-Les succulents moments sur place. Je ne vais pas entrer dans les détails (pour les concerné-e-s qui ont eu chaud, ça fera une bière svp). Mais tout ce que je peux dire, c’est qu’il y a suffisamment d’anecdotes et de matière pour produire une mini-série. C’est moi qui vous l’dis ;
-Boucler cette année 2025 avec un troisième déplacement européen. Trois salles, trois ambiances, quelques années de vie laissées sur le bas-côté de la route, 40 degrés d’écart entre Skopje et Tampere mais, par-dessus tout, des souvenirs indélébiles. Aux solides qui ont participé à une ou plusieurs escapades à mes côtés, de près ou d’un peu plus loin : blagodaram, grazzi et kiitos !
J’ai un peu moins aimé :
-Le froid ;
-Le rythme de Jean Rosset. En gros, cette flemme se levait vers 9h pour ensuite foutre gentiment le camp vers 15h. Il fait donc jour durant 6 heures et t’es content si le ciel est dégagé. C’est 13h et tu jurerais que c’est 17h. Tout un concept ;
-Le match. On ne va pas tortiller, c’était affreux. Une première mi-temps moisie, une seconde un peu meilleure et, au final, que deux petits tirs cadrés. Score final 0-0 et un point dans la valise. On peut dire que Kuopio a Tampere les ardeurs du LS et qu’il y aura eu autant d’occasions que de minutes d’ensoleillement le jour du match ;
-Le froid ;
-Qu’il n’y ait pas de Suze dans les bars visités ;
-Le prix des bières au stade. Ils en demandaient plus de 8€ pour une triste canette de 33cl versée dans un gobelet. Ils sont nés avant la honte ;
-Les prix, justement, parlons-en. À 2-3 bricoles près, c’est comme en Suisse. On est bien loin de Skopje où les prix étaient tellement bas que tu avais la sensation qu’ils te jetaient ta nourriture et tes boissons à la gueule ;
-La langue. Même si ça dépayse et on dirait par moments qu’ils parlent comme les Minions, tu restes 10 minutes dans un café à les entendre radoter et tu finis par prendre un Dafalgan. Et quand tu lis les panneaux t’as l’impression de tomber sur un tirage de Scrabble. En revanche, heureusement qu’ils parlent un anglais absolument parfait sinon on y serait encore ;
-Perdre mon cache-cou dans un bar de Tampere. J’espère qu’il est heureux dans sa nouvelle vie. C’était court mais intense mon pote, prends soin de toi ;
-Le froid.
LAUSANNE-SPORT COUPE D’EUROPE !
Védouble.