Le FC Lausanne-Sport nous fait une crevée, enchaîne une quatrième défaite d’affilée en championnat et reste empalé au fond du classement, avec certes un match en retard. Mais l’essentiel était ailleurs.
Ailleurs mais pas trop loin non plus, à savoir aux buvettes du stade du Letzigrund. Avec un nouveau pain plus moelleux et une viande plus savoureuse : j’ai nommé le Letziburger version 2025/2026. Contrairement à la bande à Zeidler, ce classique a séduit et c’est ce qu’on retiendra de ce dimanche ensoleillé à Zurich. Le bonheur tient à peu de choses. Les absent-e-s ont toujours tort et là encore plus. Au vu du pauvre spectacle proposé sur la pelouse, il a fallu multiplier les allers et retours à la buvette afin de garder la tête hors de l’eau. L’instinct de survie. On ne se refait pas.
Pour le reste, c’était d’une tristesse affligeante : le très attendu Kafi Luz était presque aussi imbuvable que la prestation du LS face à Grasshopper, n’ayons pas peur des mots. Et ce même LS, très probablement buriné par son parcours historique en Conference League, a toutes les peines du monde à empiler les points en Super League depuis le début de la saison. Est-ce le prix à payer pour vivre un automne européen ? Ou, pire, a-t-on bâclé notre mercato ? Respectivement est-ce qu’Henchoz a fourgué les bonnes ressources à Zeidler pour que celui-ci puisse travailler convenablement ? On aura le temps de faire les comptes un peu plus tard, ce n’est pas (encore) le moment de paniquer et de visser le masque à oxygène sur le museau. Et comme le dit le proverbe québécois : « On traversera le pont une fois rendus à la rivière. » En attendant, la barre s’éloigne gentiment et les points en championnat partent tellement vite que le radar a flashé. Il faudrait aussi quand même envisager de jouer à 11 contre 11 pendant 90 minutes une fois ou deux, juste pour voir ce que ça pourrait donner. On ne sait jamais, sur un malentendu.
Le retour sur Lausanne aura été plutôt festif, au moins ça vous me direz. Entre deux classiques de la chanson française, un collègue me glisse tout sourire et avec la voix cassée : « Heureusement qu’on a gagné, imagine l’ambiance si on avait perdu. » Tout est dit. Un génie, on l’embrasse. Le soir lion, le matin couillon qu’ils disaient. Voyez plutôt : les yeux ont été cernés le lendemain, à tel point qu’ils ont demandé à parler à un négociateur. Il faut ce qu’il faut. On a la vie qu’on mérite.
Védouble.