Le FC Lausanne-Sport et la Coupe d’Europe ont fait chambre à part pendant 15 ans. Chacun a mené sa petite vie durant plus de 5’000 jours et il est maintenant temps de se retrouver et de faire dodo en cuillère. On aime.
Catapulté au deuxième tour de qualification de l’UEFA Conference League, le LS affronte le FK Vardar Skopje, club le plus titré de Macédoine du Nord. Sur le papier, les Lausannois sont favoris. Mais à Lausanne plus qu’ailleurs, on se méfie du papier. Encore plus après un mercato mouvementé et donc avec un effectif en reconstruction. Et sans oublier un objectif top 6 habilement muté en ambition, selon les dires de notre président de retour aux manettes. Le cadre est posé.
Je ne vais pas tortiller, broder et vous faire croire que je vais parler de ce match. Primo, il n’y a pas de grands enseignements à tirer d’une telle rencontre, même si le résultat n’est pas réjouissant. C’était un match de reprise par excellence avec toutes les bouses qui vont avec. Et deuzio, à titre personnel, l’essentiel était ailleurs. Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : j’aurais préféré rentrer autrement qu’avec la queue entre les jambes et un 2-1 tout pourri dans le bagage à main. Seulement voilà, quand on a la chance de se déplacer et de suivre son club en Europe, difficile de rester figé uniquement devant le résultat. Enfin, je parle pour moi.
Ça va bien au-delà, disais-je. Il y a eu en amont une magnifique saison avec, cherry on the cake, une cinquième place synonyme de Coupe d’Europe. Ensuite l’attente jusqu’au tirage au sort, les pronostics les plus farfelus avec les « imagine on va là » ou encore les « on sera bien sur une terrasse là-bas ». Puis les boules estampillées UEFA sont tirées et notre LS affrontera le vainqueur du duel entre La Fiorita (Saint-Marin) et le FK Vardar Skopje (Macédoine du Nord). Le match aller entre ces deux équipes laisse peu de place au doute et on sent vite qu’on ira plus du côté de Skopje que dans le troisième plus petit État d’Europe.
Retour au direct. Skopje c’est bien joli mais comment y aller plus ou moins en last minute, sans y laisser un rein et limiter les escales au nombre de zéro ? Et combien de temps vais-je rester sur zone ? Le choix est fait de partir le mercredi (veille de match), prendre un vol direct Zurich-Skopje en fin de journée avec une arrivée dans la fournaise durant la soirée. Ça coûte finalement une burne cette combine mais quand on aime. Le but du jeu est de profiter pour visiter la moindre et voir autre chose que le stade, aussi charmant soit-il. Et immense, surtout. Quand il y a environ un fuseau horaire qui sépare notre parcage du duo buvette/commodités, je crois que le terme « immense » n’est en effet pas exagéré.
Une fois sur place, un dodo et c’est jour de match. Et ça denar fort puisque tu te prends plus de 40 degrés dans le museau et sans pallier de décompression. Ça calme. La ville a beaucoup de charme et c’est dépaysant. Entre le vieux bazar (plus grand bazar des Balkans, après Istanbul. On remercie Wikipedia pour la passe D. Placement de produit, faut bien rentabiliser l’excursion), la forteresse qui surplombe la ville, le fleuve Vardar et la place de Macédoine, il y a de quoi se changer les idées. Bon, je m’arrête là car sinon je vais basculer dans la catégorie « blog de voyage » et c’était pas le projet à la base.
Jour de match toujours, c’est ensuite l’heure de retrouver la délégation de Lausannoises et Lausannois réuni-e-s dans un bar. Je dois vous avouer que ça m’a fait quelque chose de voir tout ce petit monde réuni à plus de 1’000 km de nos domiciles fixes respectifs. Une bonne grosse centaine de présent-e-s qui ensuite se met en branle pour marcher jusqu’au stade sous bonne escorte. L’enceinte se dresse devant nous et le machin est relativement imposant (titre). À l’intérieur, on se sent tout petit et le coucher de soleil vient rajouter un peu de poésie et compléter le tableau. La beauté de l’éphémère.
Pour ce qui est de ce match aller, pas grand chose à dire honnêtement. Peut-être que sans le but encaissé juste avant la pause l’issue aurait été différente, qui sait. Mais honnêtement ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. Pour sa première sortie officielle de la saison, le FC Lausanne-Sport n’a tout simplement pas été à la hauteur. Même si son adversaire était plus affamé par moments, la bande à Zeidler ne peut s’en prendre qu’à elle-même. Il y a certes eu ce sublime but de Diakité mais j’étais en route pour vérifier si la buvette de fortune se portait bien, via un crochet par les lieux d’aisance. Ça ne s’invente pas. Tout ça pour dire qu’il faudra montrer un tout autre visage pour le match retour mais j’imagine que le club est au courant. J’enfonce des portes ouvertes mais comme c’est mon blog je fais ce que je veux.
Deuxième et dernier dodo dans la place. L’avion décolle le soir donc tel IKEA, il faut meubler (et hop, si avec ça je peux pas m’offrir un surclassement en première classe). Programme du jour : se faire péter la panse pour pas grand chose, voir ce qui n’a pas été vu et essayer de pondre cet article. La belle canicule, la rakija et le rouge local n’aidant pas, je suis finalement aussi performant que le LS sur le terrain la veille. Et comme je suis de bonne, je vous offre en prime la session diaporama du séjour. Comme si vous y étiez. C’est cadeau.
LAUSANNE-SPORT COUPE D’EUROPE !
Védouble.