Make Lausanne-Sport great again. 

Je ne sais pas ce qui est en train de se passer avec cette équipe mais je n’ai pas envie de me poser trop de questions. Tout sauf adroit et fier porteur de deux mains gauches pleines de pouces, c’est mieux pour tout le monde que je ne touche à rien. Plat du pied sécurité, pas folle la guêpe.

Cet article a mis du temps à sortir. Tout comme le match référence pour notre club dans son nouveau stade. CQFD. C’est en effet bien joli d’être assidu et de narrer les matchs qui puent du bec mais faut aussi savoir fanfaronner quand les (rares) moments de bonheur pointent le bout de leur nez. Allez.

Quatre victoires consécutives, sans encaisser le moindre but et, surtout, avec la manière. De vous à moi, depuis que j’écris sur ce blog (bientôt 5 ans, faut que je commande le gâteau. Dites-moi s’il y a des allergies ou intolérances), le FC Lausanne-Sport a proposé à boire et à manger. Je ne vous apprends rien. Et inutile de vous dire qu’il y en a eu pour tous les goûts. Les vrai-e-s savent. Mais là on a franchi un cap, on tient notre match référence (je sais je me répète) et on est en train de vivre un truc assez exceptionnel. Le jeu présenté est (enfin) lisible, il y a une certaine cohérence dans la façon d’attaquer les rencontres et le travail commence à payer. Les supportrices et supporters du LS étant plutôt habitué-e-s à être en concubinage avec la scoumoune, cette belle série en cours et cette alléchante victoire contre Servette doivent être appréciées comme il se doit. Surtout après une fin de match et des arrêts de jeu qui ont semblé durer aussi longtemps qu’une visite au consulat. La vérité.

Je vais vous avouer un truc : dans les bras du pote au coup de sifflet final, la larmichette a failli couler. Et je ne serais pas étonné que la fin de la rencontre ait provoqué chez quelques mâles un agrandissement de leur surface habitable. C’est que du foot, qu’ils disaient. Pour une minorité, ce n’est qu’une victoire, qu’un match, que trois points ou, pire, que du fotebale (11 types qui courent derrière un ballon, dixit absolument toutes les mamans). Mais non, c’est bien plus que ça. C’est comme boire un bon rouge après avoir poncé pendant trop longtemps un vieux cubi tiède qui te fait trembler les dents du fond et même tousser ton évier. Voilà.

Je ne vais pas réinventer la roue ici. Il s’est passé 1001 choses durant cette partie, inutile d’y revenir dans les détails quelques jours plus tard. Néanmoins, il est nécessaire de souligner ce que votre humble serviteur a particulièrement apprécié (et un peu moins) en ce premier dimanche de novembre. Je précise que tous les joueurs (ou presque) ont été à la hauteur et méritent une bise bien appuyée et une demi-meule.

Je commence avec Letica, notre licencié ès roublardise. Quand l’attaquant genevois lui pose le ballon sur la ligne des 5m50 pour que notre portier joue vite, ce dernier s’en va gagner du temps en allant repousser un autre ballon qui traînait quelques mètres plus loin. Quand c’est l’autre équipe qui agit de la sorte lorsqu’on est mené 1-0, on rigole moins et il y a même deux ou trois bières qui ont le vertige. Mais là j’avoue que mon rictus ne s’est pas fait attendre. À Lausanne, bonne pâte, on était limite habitué à dire merci à l’attaquant adverse et à l’inviter à la maison pour une raclette. Les temps semblent changer. C’est peut-être un détail pour vous. Mais pour moi, ça veut dire beaucoup.

Je poursuis avec Mouanga qui a régalé et fait un match mouanganesque. Alors qu’il boitait depuis un petit moment déjà, il a réalisé plusieurs interventions défensives décisives en toute fin de partie. Avec lui c’est Verdun, personne ne passe. Kutesa en sait quelque chose. Tout comme les attaquants genevois frustrés juste devant le Kop Sud. Priceless.

Au mi’ieu par contre là il faut m’aider. J’ai besoin des plus littéraires d’entre vous car je n’ai plus les mots. Le triptyque Sanches, Bernede et Roche c’est du velours, une merveille. Le premier nommé est sur une autre planète et embroche tous ses adversaires, le deuxième n’est pas encore à 100% mais est toujours 2 crans au-dessus et le dernier cité est tellement élégant qu’il peut faire changer de bord l’hétéro le plus coriace. La demi-mesure, toujours.

Devant, sur nos ailes, ça passe plus ou moins à chaque voyage en émiettant les visiteurs qui ne voient pas passer le train. Diabaté a à peu de choses près fait ce qu’il voulait sur son côté et est reparti à la maison avec les reins de ses adversaires dans un doggy bag. Sur l’autre flanc, Okou a bouffé une ribambelle de kilomètres et était tellement en feu que ce n’est pas impossible qu’il soit rentré chez lui en courant après le match, pris un slip propre et reparti en galopant à Winterthour en vue du match de samedi. Des seigneurs.

En revanche, au rayon des bémols, j’ai envie de citer de la Fuente qui semblait autant impliqué dans les tâches défensives lors de son entrée en fin de partie que les autorités dans la gestion des supporters adverses. On aurait dit qu’il tirait un parachute lorsqu’il tentait de freiner les genevois qui approchaient de nos 16 mètres. Un cirque.

Védouble.

90 minutes et 3 jours d’arrêts de jeu. Sans mentir.



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