Lausanne-Sport s’élève, YB en Berne.

J’en perds mon latin. Quel match, quelle équipe, quelle mentalité, quelle implication et le tout de la première à l’ultime seconde contre ni plus ni moins que le leader du classement et champion en titre. Rien que ça. Ce FC Lausanne-Sport version dimanche 17 mars 2024 m’a coupé le sifflet et j’en redemande. Qu’est-ce que c’était bon !

Vous le savez tout comme moi, des matchs bien moisis on en a vus dans cette belle Tuilière et certains ont même atteint des profondeurs insondables. Mais pas là, pas hier. Avec une équipe capable du meilleur (pas souvent) comme du pire (plutôt souvent), il fallait être dans un bon jour et salement motivé pour y croire et imaginer notre LS aller chercher les trois points, qui plus est devant plus de 11’000 personnes. Certes ce YB est une bête blessée mais cela reste un adversaire ô combien redoutable et difficile à manœuvrer. Après un chapelet de fins de parties bâclées et de points égarés, il était grand temps de remettre l’église au milieu de la botte de foin. Notre stade a incontestablement vécu son plus beau match et aimerait si possible ne pas attendre environ quatre années avant de rallumer le sapin. Et nous non plus, hein.

Tout est allé dans le bon sens. Absolument tout. Le LS n’a bien évidemment pas joué en sifflant et avec une main dans le slip mais le job a été fait. Et comment. Pas de trous d’air ni de fin de match en sueur et en tremblant des rotules. Une partie maîtrisée de bout en bout sur tous les centimètres carrés du terrain avec du caractère et de l’abnégation. Bien sûr qu’on n’était jamais tranquille lorsque les Bernois s’approchaient de nos buts mais le LS s’est mué en François Pignon et a dit « On ne passe pas. »

Bien plus concernée et affamée que son adversaire, la bande de Ludo Magnin n’a strictement rien volé. Tout était au point, réglé comme du papier à musique. Y’a rien qui dépassait, tant tactiquement que techniquement. Comme papa dans maman. Aucune fausse note et une demi-molle durant tout le match, ça faisait une paie. Devant un public nombreux qui reviendra à coup sûr, le LS a été calme, serein, a relancé proprement depuis l’arrière et construit le jeu avec une aisance presque insolente par moments. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, notre coach a effectué des changements dans le bon timing avec un banc qui apporte un vrai plus. Depuis le début de la saison, Ludovic Magnin a une ligne, des idées et un plan de jeu en tête et son entêtement a (enfin) fini par payer. Ce « Magnico » récompense à juste titre le travail accompli depuis des mois. La routourne comme dirait l’autre.

Au niveau des joueurs, je voulais m’amuser à leur mettre des notes individuelles mais je me suis vite rendu compte que tous méritent la note maximale. De Letica qui a de nouveau été décisif à Sène en passant par Bernede et Diabaté, tous ont été à la hauteur. Sans exception. Sène ferme des bouches en allant chercher un pénalty et en le transformant, Dussenne a mis tout le monde d’accord après quelques prestations indignes de son CV et Giger n’est plus le même depuis que Loucif a signé. En défense toujours, Szalai et Poaty livrent la marchandise et sont indispensables à leur poste. Au milieu, Custodio a été impérial, Pafundi fait bégayer ses adversaires à chaque toucher de balle et Bernede est pour moi le meilleur milieu de terrain de Super League. Devant, Rrudhani peut signer définitivement chez nous quand il veut, je fournis le sous-main, le stylo BIC et je prépare les cafés s’il faut. Et que dire de Diabaté qui n’est plus le même. Son concurrent devra bourriner pour lui piquer sa place. A noter aussi le retour d’Ilie, les très bonnes entrées de Kablan, Labeau et Sanches. Seule ombre au tableau, le jaune de Dussenne (le 12e déjà cette saison) qui le privera de match à GC. Le lundi de Pâques c’est en famille chez Noë.

Pour le reste, c’est toujours un plaisir de voir ce stade plein et toutes ces personnes, petites et grandes, qui arborent des maillots, pulls, écharpes, casquettes et j’en passe aux couleurs du FC Lausanne-Sport. En avant-match, notre capitaine Olivier la bricole est récompensé pour ses 150 parties sous nos couleurs. Un maillot « 150 Custodio » lui est remis par notre président (des fois qu’on oublierait qu’on en a un) et à qui on a dû expliquer qui est l’heureux bénéficiaire de cette attention et que non, le 150 ce n’est pas son numéro. Cérémonie sympa mais qui était pliée en moins de 10 secondes, en l’honneur du temps de jeu de Baldé à Nice.

Le club a très intelligemment mis les petits plats dans les grands pour faire plaisir à tout ce petit monde présent au stade en ce dimanche de mars. Un second speaker (ou chauffeur de salle, c’est selon) a été engagé pour mettre un peu d’ambiance avant l’entrée des joueurs à grands coups de « FAAAAAIIIIITES DU BRRRUUUUIIIT » et « ALLEZ LAUSANNE ». Une démarche certes louable mais qui a eu autant de succès qu’un vendeur de capotes dans un village peuplé d’eunuques asexuels. Il a eu le mérite d’essayer mais je doute que la Tuilière soit un endroit propice et le public (fidèle comme de passage) réceptif à ce genre d’acrobaties. En parlant d’acrobaties, notre speaker (le vrai, l’unique) se démarque depuis un ou deux matchs en présentant les joueurs avec une petite touche personnelle telle que « notre Suisse allemand préféré Raooooouuuuuul Gigeeeeeeeeer » ou encore « notre artiste de la Squadra azzura Simoneeeeeeeeeeeeeee Pafundiiiiiiiiiii ». Je vous laisse juges. On se connait depuis le temps, vous devinerez dès lors aisément ce que j’en pense. Pendant la partie, j’ai aussi ri jaune en voyant plusieurs dizaines de natels qui filmaient le pénalty de Sène. On prend un bien triste tournant dans les stades. M’enfin.

Rideau, c’est l’heure de se réduire. C’est joli tout plein de gagner contre YB mais encore faut-il rentrer chez soi avant le lever du soleil. Un joyeux merdier attendait en effet les personnes garées au parking du Vélodrome et j’en faisais partie. On a gagné, j’étais de bonne humeur donc j’ai su faire preuve de patience et courtoisie. Et je ne suis sûrement pas le seul. Une défaite à la 93e et il aurait fallu mettre le DARD pour assurer un semblant d’ordre et éviter que les gens se roulent les uns sur les autres. Sans mentir, on se serait presque cru au port de Palerme, les klaxons et les lunettes de soleil en moins. À ça ! Certains sont encore en train d’attendre leur tour, il serait donc judicieux d’aller jeter un coup d’œil et leur amener un pichet de flotte et un bout de pain avant qu’ils sèchent. Je me trompe peut-être mais je n’ai pas vu un seul policier pour assurer un semblant de fluidité à la sortie parking (en tout cas du côté de l’avenue du Grey). Tous chez bobonne les pieds sous la table à demander s’il reste du dessert avant d’aller coucher les lardons. Quand c’est l’heure d’aligner des prunes pendant que monsieur et madame Tout-le-monde prend l’air au stade ça se bouscule, ça bombe le torse et ça se prend pour un vendeur de piscines qui court après son chiffre avec la gourmette au poignet. Mais quand il faut aller au charbon et mettre un peu d’ordre dans ce merdier sans nom y’a plus personne. Bref.

Allez, revenons au sportif. Qu’est-ce que je disais ? Ah oui, surtout on regarde avec les yeux et on ne touche plus à rien, c’est parfait comme ça. Capito Ludo ? Plus sérieusement, rien n’est encore joué mais ces trois points font un bien fou, tant au moral de l’équipe qu’au classement. Et au public, puisqu’on y est. Ce n’est qu’un match, on sait qu’à Lausanne les nuages ne sont jamais très loin mais cette victoire doit servir de rampe de lancement. Savourons, profitons et vivement la suite. Je vous laisse, j’ai un bouton de pantalon à retrouver.

Védouble.

« Désolé pour les taches sur le drapeau, je n’ai pas eu le temps de le laver. J’ai la lessive le mardi après-midi une semaine sur deux. »

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