On se Kalu bord du terrain.

Voici un article proportionnel à ma forme au réveil dimanche matin : petit.
Je vais par conséquent retenir l’essentiel et vous le conter le plus simplement possible, faute de mieux. 

Un jour de match pluvieux est souvent synonyme de mauvais présage pour le FC Lausanne-Sport. Pire, une intempérie se profile et généralement l’équipe en perd son latin. Parapluie sous le bras, c’est tout guilleret que je me rends en ville pour rejoindre les potes puis notre belle Tuilière en ce samedi soir 4 novembre. Une bouteille de blanc descendue aussi rapidement qu’un arbitre par Magnin et c’est déjà l’heure de pousser la chansonnette en tribune D. À notre grande surprise, Ludo tente un truc en alignant Custodio sur le flanc droit de la défense et bien lui en a pris puisque notre numéro 10 a été très bon. Coaching gagnant, premier volet. Le match démarre sur un très bon rythme et notre équipe agresse un FC Lugano qui n’a pas le temps d’en placer une et qui peut s’estimer heureux de filer aux vestiaires sans en avoir pris deux ou trois. Veinards. On a assisté à une première période de très bonne facture avec un Lausanne excellent et dominateur.

Juste avant la pause, mon natel vibre et j’ai la bonne idée de répondre. Au bout du fil c’est ni plus ni moins que le responsable marketing du club qui m’annonce que j’ai été tiré au sort et remporté un prix aussi sympa qu’original : 4 places pour suivre la seconde période assis au bord du terrain, à côté du banc de touche. Oui Monsieur ! Ce match contre le FC Lugano répondait au doux nom de « match des surprises » et en voilà une belle pour mescolles et les deux spécialistes de la boutade qui m’entourent. A peine le temps de cligner des yeux qu’une employée du club nous accueille avec des couvertures et nous accompagne vers la ligne de touche tels des princes. Les miches posées sur des chaises, les jambes croisées, les couvertures en place et c’est donc aux premières loges que nous suivrons la deuxième mi-temps. Fabuleux. Merci au LS pour la surprise, on s’est mis bien comme dirait je ne sais plus qui.

Ces 45 minutes ont été délicieuses. Husic est à deux doigts de mettre le but de sa vie, Kalu régale et Labeau se remet gentiment dans le bain. Je continue car c’est vraiment trop bon. Le milieu de terrain Roche-Bernede-Sanches est éblouissant et Kalu (encore lui) est incontestablement le joueur le plus technique que j’ai pu voir jouer sous nos couleurs. Roche séduit on ne peut plus se passer de Bernede. Ça fait trop d’émotions d’un coup et ce n’est pas fini. Le LS réagit immédiatement à la crevée de Sanches suivie de l’égalisation tessinoise. Entrés en cours de match, Labeau et Schwizer plantent et Suzuki s’offre une passe décisive. Coaching gagnant, second volet. On aperçoit aussi Sène qui se lève du banc et félicite Labeau après son but, c’est une attitude très positive qui fait plaisir à voir. Victoire 3-1, on a su se tenir au bord de la pelouse et notre équipe enchaine en championnat avec parallèlement une belle série qui prend forme à domicile. Et last but not least, on est capable de gagner un match sous la pluie. Bibi content.

Retour en ville, on met les pieds sous la table avec les copains puis on file au Bamee pour je cite « en boire une petite ». Quelques bières, shots, accolades et poésies plus tard, c’est toujours tout guilleret et le parapluie sous le bras que je suis allé me réduire. Les petits plaisirs de la vie je vous dis.

Revue de presse

Pour terminer, petit détour par la case presse dominicale et plus spécifiquement par l’article de Florian Vaney paru dans Le Matin Dimanche du 5 novembre qui revient sur la victoire lausannoise de samedi soir. Trois pauvres paragraphes pour parler de ce match, c’est bien maigre. Sans compter que le premier des trois ressemble à un petit règlement de comptes et n’apporte strictement rien.

Bref retour en arrière. Notre président répond à quelques questions et l’entretien publié le 3 novembre par le 24 heures se termine comme suit :

« Voir un match dans une Pontaise déserte ou à Yverdon n’est pas la meilleure publicité pour la Super League. »

Soyons honnêtes, Leen Heemskerk ne manque pas de souffle et a vraisemblablement perdu une belle occasion de se taire. Si Lausanne évoluait devant 8’000 personnes à chaque match à domicile, cela se saurait. Sans compter que le LS semble maitriser comme personne l’arrondi des affluences à la hausse. On n’a donc pas de leçons à donner à qui que ce soit concernant le public. Mais la réaction de Florian Vaney dans Le Matin Dimanche deux jours plus tard est risible, pour ne pas dire presque ridicule. Sortez les popcorns :

« On ne sait pas vraiment ce qu’a pensé Leen Heemskerk de la victoire du Lausanne-Sport hier. Le président du club y a-t-il vu une bonne publicité pour la Super League? Sachant que celui-ci considère que les matches qui se disputent à la Pontaise ou au Stade municipal d’Yverdon n’en sont pas, comme il l’a déclaré vendredi à «24 heures»? S’il s’arrêtait sur le décor général de la Tuilière, le Néerlandais aurait bien de la peine à défendre ses intérêts: 4000 spectateurs aussi bien comptés que frigorifiés, trois jours après un 8e de finale de Coupe qui n’en avait attiré que 3000. Difficile de faire passer ces matches pour le point de convergence de l’intérêt des amateurs de football suisse. Le 23 septembre face à Bâle, Yverdon-Sport faisait d’ailleurs mieux. »

Froissé, Florian « le Stade municipal est un chauderon » Vaney semble avoir été blessé dans son orgueil. Il s’est dès lors senti obligé de défendre « son » Yverdon-Sport dans un résumé de match LS-Lugano [sic] et au travers d’une dernière phrase qui aurait tout à fait sa place dans un article de Watson. Et ce n’est pas vraiment un compliment. Hormis lesdits propos, les lignes qui précèdent cette « pique » sont très pertinentes et je le rejoins. C’est important de le souligner tout comme de préciser que j’apprécie son travail de journaliste.

Toutefois, en affirmant qu’Yverdon-Sport « faisait d’ailleurs mieux », il compare deux situations opposées puis oublie (volontairement ?) de préciser des faits non négligeables et je vais ainsi me permettre de compléter sa dernière phrase aux doux relents de « nia nia nia ils sont pas gentils » : en recevant le FCB, YS retrouvait la Super League à domicile après une attente de 17 ans. À cela on ajoute l’enthousiasme d’une ville de retrouver l’élite, un adversaire prestigieux, un horaire attractif (dimanche après-midi), un temps ensoleillé et des fans bâlois venus en nombre. On est donc loin du mercredi soir pluvieux et froid de novembre à Lausanne contre un adversaire tout sauf sexy et dont les supporters ne sont pas les plus nombreux en déplacement. Bref. Résultat des courses yverdonnoises ? Un stade logiquement à guichets fermés et 4’200 spectateurs présents au match YS-FCB. Très bien mais la question mérite dès lors d’être posée : la phrase terminée par « faisait d’ailleurs mieux » était-elle réellement nécessaire et la comparaison adaptée ? Sans oublier de préciser qu’ensuite les affluences au Stade municipal n’étaient guère reluisantes : moins de 4’000 spectateurs contre Saint-Gall, 2’400 contre Winterthour et dans les deux cas avec une belle mobilisation des fans adverses. Pas besoin de me remercier, si je peux aider c’est volontiers et je ne facture rien. Mais loin de moi l’idée de juger ces affluences car ce serait malvenu, pourtant comparer ce qui est comparable me semble être un strict minimum. Monsieur Vaney a par conséquent lui aussi vraisemblablement perdu une belle occasion de se taire. Match nul, balle au centre et honnêtement on s’en fout royalement de savoir qui a la plus grande. Allez, sans rancune, on se serre la paluche et merci de mettre des bières au frais pour samedi. Le football c’est la fête et on aura soif.

Védouble.

On ne le répétera jamais assez, sortez couverts.

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