Iceberg, right ahead !

Lors du dernier derby joué à Genève en février 2022, le FC Lausanne-Sport était (déjà) plus ou moins (plus que moins) dans la gonfle au niveau du classement et qui plus est entrainé par un coach qui ne savait ni le nom de certains de ses joueurs, ni prononcer correctement Zurich (le petit Japonais et Zuriche s’en souviennent encore). Ce LS d’alors se donnait certes beaucoup de peine, mais en avait aussi et surtout en faisait. Environ 600 jours plus tard, il faut se rendre à l’évidence et avouer que cette équipe n’a (presque) pas progressé d’un iota. Il y a certes du mieux dans le jeu et avec collectif mieux construit mais les faits sont là, qu’importent les excuses, les beaux discours, l’entraineur, le directeur sportif ou les faits de jeu. Ce LS fait peine à voir et semble incapable de se rebeller, de tenir un résultat ou de renverser le cours d’un match. Cette équipe ne sait plus où elle tape, comme dirait l’autre. On repart donc une fois de plus la queue entre les jambes et comme si tout ça ne suffisait pas, on occupe la dernière place du classement. Bingo. L’art de se foutre dans la merde tout seuls, comme des grands. Mais pas de panique, Magnin a la solution semble-t-il. Le plus vite sera le mieux, soyons honnêtes mon Ludo, car l’iceberg pointe le bout de son pif à l’horizon. Il flotte comme un air de déjà-vu, vous ne trouvez pas ? Y’en a point comme nous, on ne le répétera jamais assez.

J’ai aimé :

-L’apéro sous le soleil en avant-match devant la gare. Des bières, des thèses et une météo plus que clémente pour dire adieu à ce mois de septembre 2023 durant lequel le LS n’aura récolté qu’un seul petit point en quatre matchs de championnat. Pour le reste, on n’a pas encore trouvé de remède contre le réchauffement climatique mais on a en tout cas refait le monde. Il est tout propre désormais, vous pouvez manger par terre ;

-La forte mobilisation lausannoise. Comme souvent, c’est la seule satisfaction de la journée ;

-Le train spécial. Je le baptise affectueusement « l’aspirateur » puisqu’il permet de rassembler petits et grands, vieux et moins vieux, fidèles et intérimaires, familles et groupes de potes, sans oublier celles et ceux qui se déplacent pour la toute première fois. Et si la mayonnaise prend, tout ce petit monde reviendra, prendra son ou sa pote sous le bras et ainsi de suite. Sans parler du côté social. Tu peux en effet bouger dans les tous les sens, boire un coup à gauche, faire des thèses à droite, rencontrer de nouvelles têtes et j’en passe. Alléchant ;

-La rencontre inopinée avec le Kop Chasselas qui a ensuite eu la gentillesse de me convier pour un délicieux apéro dans le train. Merci à eux ! Avec la climatisation en panne dans le wagon et la chaleur humaine bien en place, ça suintait à grosses gouttes avec parfois de belles perles sur le front pour certains. A ce sujet, j’ai encore en tête la belle sortie d’un membre dudit Kop « prends encore un bout de gruyère avant que ça se transforme en fondue ! » C’est dire ;

-Croiser un train « La Région Auvergne-Rhône-Alpes » en arrivant à Genève. Clermont cela ne s’invente pas ;

-Entendre 100 fois en avant-match le fameux :

-Adieu, tu vas bien ?
-Pour le moment, oui.

Le supporter lausannois est de nature positive.

-L’arrivée au stade avec une police intelligente qui se positionne en retrait, à l’abri des regards. Cela évite non seulement les provocations inutiles mais aussi d’effrayer inutilement les enfants et familles qui effectuaient leur premier déplacement et qui n’ont pas l’habitude d’un tel comité d’accueil ;

-Discuter avec un enfant qui porte habituellement (c’est-à-dire à tous les matchs) un maillot du LS violet avec son prénom floqué dans le dos. J’échange deux mots avec ses parents et demande où est son fameux maillot et ils me répondent du tac au tac « On respecte les consignes, on a entendu qu’il ne fallait pas prendre de maillot violet ou orange pour ce match. » Propre ;

-Le bon accueil à l’entrée du stade. Les types à la fouille étaient plus que corrects et avenants. Si Aarau nous entend ;

-Labeau sur le banc. Depuis des mois c’est ambiance Space Jam pour lui une fois le maillot du LS enfilé. On dirait qu’il s’est fait enlever son talent et sa force par des extraterrestres. Si quelqu’un peut le catapulter un coup à Lourdes, qu’il n’hésite pas ;

-Papa Dussenne, à ce jour la seule vraie recrue de ce mercato. Toujours bien placé, il possède une intelligence de jeu au-dessus de la moyenne et est indispensable dans le onze lausannois. Mention spéciale pour son intervention acrobatique de la 37e. Rien qu’en y repensant je me suis claqué deux fois ;

-Bernede. Il monte en puissance le bougre. Il est serein et sent bien les coups ;

-Le 0-1. Voir dans un premier temps Sène qui s’arrache sur l’aile, les passes devant le but, ces filets qui tremblent puis la joie, la douche à la bière mais réaliser que le drapeau est levé. Merde. Puis la VAR entre dans la danse, on attend et on peut savourer cette réussite. Divin ;

-La gueule du parcage, ces écharpes tendues, les torches, les fumigènes et ces chants constants durant plus de 90 minutes en dépit de la tournure des évènements sur le terrain. Le Kop Sud a été acharné, déterminé et sa progression est inversement proportionnelle aux résultats du LS.

Je n’ai pas aimé :

-L’absence de climatisation dans le train. Heureusement qu’on allait à Genève et pas à Saint-Gall ;

-L’attente aux tourniquets à l’entrée du stade. On se serait crus à la porte d’embarquement EasyJet de l’aéroport de Palerme, les hurlées en moins ;

-Le speaker local avec ses « Faites du bruit ! » Ok on n’a absolument aucune leçon à donner à qui que ce soit à ce niveau mais il y a un pas qu’il ne faut pas franchir. Très peu pour moi ;

-Les affreuses simulations de Guillemenot, dont la première dans notre surface de réparation après moins de 60 secondes de jeu. A la fois flagrant et risible. Sanches a pris un jaune pour une prestation moins théâtrale que ça à Lugano. Terrible ;

-Les toilettes des hommes fermées au cours de la première mi-temps. Résultat des courses, deux misérables chiottes pour tout l’orchestre. Youplaboume ;

-La lenteur aux buvettes. Ils ont réussi l’improbable exploit d’être encore plus lents que chez nous. C’est prodigieux. J’espère que celles et ceux qui attendaient à la fin de la queue longue comme un jour sans pain à la 50e sont arrivé-e-s l’heure au travail lundi ;

-Le tir de Sanches à la 46e que j’ai vu au fond.

Comme les joueurs, je me suis assoupi deux minutes. C’est bon, on peut repartir.

-Ces 120 secondes létales et la tournure du match. Tu te dis qu’on mène, qu’on a appris de nos erreurs et que logiquement la routourne va vite tourner. Il y a même la VAR qui est pour une fois de notre côté, il fait beau, chaud, les gens se déplacent et tu as tout pour bien faire, TOUT. Pis non, que pouic, patatras, badaboume, le château de cartes s’écroule et ouin ouin le public il nous siffle à la fin du match. C’est vu, vu et revu. Si Saint-Ludo l’intouchable n’arrive pas à trouver la solution contre ce Servette dans le dur et qui enchaine les semaines anglaises, on est en droit de se demander contre qui on pourra bien engranger des points à court terme ;

-Les choix de Magnin. Pourquoi mettre Husic derrière à gauche alors que Kablan est sur la pente ascendante et que Poaty a le droit à une chance ? Ludo la science a au moins le mérite d’avoir tenté quelque chose, mais on le sent surtout quelque peu perdu et loin d’avoir trouvé la bonne formule, que ce soit derrière, au milieu ou devant. On va vers le beau, c’est moi qui vous le dis. On ne va pas être déçu du voyage ;

-Cette incapacité chronique à renverser la vapeur. Tout comme les veilleurs du Titanic perchés en haut du mât, on voit l’obstacle arriver et on sait déjà qu’on va se le prendre en plein dans le museau. Dites-moi que je ne suis pas le seul à être certain que le match est plié lorsqu’on doit revenir au score ? Une fois la rencontre terminée ce samedi soir, j’étais incapable de me remémorer une victoire après avoir été mené. J’ai donc dû creuser la chose et voici le fruit de mon travail de recherche : cela remonte à avril 2023 contre le SLO, victoire 2-1. Loin de moi l’idée de vouloir tirer sur l’ambulance mais il faut avouer qu’il y a de quoi hurler la tête enfoncée dans l’oreiller ;

-La gestion catastrophique de nos secondes périodes. Au lieu de s’amuser à changer notre logo, INEOS aurait pu militer pour des matchs de 45 minutes ;

-Notre gestion (je me répète mais vous m’excuserez) des derbys. Cela tombe plutôt bien, on en a un wagon cette saison. Quelle vie, quel club ;

-Les erreurs défensives qui conduisent aux deux buts et surtout la liberté laissée au second buteur genevois. Vu qu’on est poli et qu’on ne veut surtout pas gêner, il aurait été sage de lui demander ensuite s’il ne s’est pas fait mal en frappant au but. Des génies ;

-Les remplaçants qui s’échauffent avec des élastiques. Ça m’a plus fait rire qu’autre chose. La prochaine étape c’est leur refourguer un coach de Zumba avec sa radio à piles pour CD et cassettes. Ils nous auront bientôt tout fait ma parole ;

-Le banc. A l’heure actuelle, on n’a pas les éléments qui peuvent entrer en cours de match et inverser la tendance. Quand nos adversaires font des changements, cela s’avère souvent décisif. De notre côté, ce n’est hélas pas (encore) le cas. Sale coup pour la fanfare ;

-La réaction d’Husic devant le parcage à la fin du match. Les joueurs viennent nous saluer et certains se prennent une chasse méritée. Husic se vexe et veut s’en aller. Je crois que c’est Castella qui lui dit de rester et il obéit. Non mais il s’attendait à quoi Anel, qu’on lui offre un collier de fleurs, qu’on lui claque la bise et qu’on lui donne une demi-meule comme au loto du village ? Si le public lausannois se vexait et tournait les talons à chaque désillusion ou insulte (oui, ce que propose INEOS depuis son arrivée est insultant), cela ferait bien longtemps que le LS jouerait devant des sièges vides ;

-La malchance et le manque d’efficacité offensive, notamment le coup de casque de Custodio qui termine sur le poteau. Sans compter l’attaque qui semble désorganisée et qui court comme un poulet sans tête (ça lui fait au moins un point commun avec ce club et sa gestion). Nos attaquants c’est un peu comme Jean-Claude Duss qui affirme « et en plus je sens que ce soir, je vais conclure. » Négatif ;

-Voir et revoir les mêmes scénarios depuis plus de douze mois. Parfois je me demande pourquoi je m’épuise à pondre continuellement de nouveaux comptes-rendus alors qu’il suffirait de ressortir aléatoirement ceux écrits jusqu’à présent, tant j’ai l’impression de me répéter et de souligner les mêmes errements de notre club ;

-Cette défaite. Perdre un match voire un derby, c’est une chose. Mais boiter bas de la sorte à la moindre contrariété, montrer de flagrants signes de résignation, proposer une telle bouse durant la seconde période et perdre ce match de cette manière après avoir ouvert le score c’est tout bonnement inacceptable et irrespectueux. Ce LS version Ludovic « on savait que » Magnin ne montre aucun signe tangible de progression depuis plus d’une année. Les schémas de jeu offensifs sont aussi rares qu’un bon article de Watson, l’animation offensive (encore elle) piétine autant que notre speaker et l’équipe est actuellement trop fébrile pour atteindre l’objectif annoncé en début de saison. Après 9 matchs de championnat, le constat est sans appel : malgré les renforts, le LS n’est en l’état pas armé pour se stabiliser en milieu de classement. Pire, cet équipe est en retard tactiquement, techniquement, mentalement et physiquement. Il faut que cela change, et vite. En tribunes, on se met toutes et tous à trembler des genoux car on a l’impression que l’histoire se répète. Je faisais partie du clan des (très) enthousiastes en juillet mais ce club a réussi à me dégoûter en moins de 3 mois. Chapeau bas. Et je n’ai même pas envie de parler de la gestion des cas Brown et Baldé ainsi que du dossier estampillé « directeur sportif ». De toute manière je n’ai pas le droit, c’est mon médecin qui me l’a ordonné.

Bordel mais il y en a marre de voir ces âmes en peine sur le terrain. Vivement que ce LS crispé et sur la retenue fasse bloc, lâche les chiens et se fasse plaisir. Pour le vent en poupe et le rythme de croisière, cela viendra tout seul si cette équipe jette les bons ingrédients dans la marmite et charbonne dans la salle des machines. Et si accessoirement, au milieu de tout ça, on peut vibrer et nager dans le bonheur en tribunes ce ne sera pas de refus et on ne crachera pas dessus. Cet effectif est capable de faire beaucoup mieux car il y a de la qualité, soyons honnêtes deux minutes. Reste à savoir s’il s’en donne les moyens et y croit foncièrement. On compte déjà 10 points de retard sur Yverdon qui occupe la 6e place. On est la lanterne rouge et seuls GC et Bâle sont dans une situation aussi tendue que la nôtre. Soit deux clubs de Super League qui bossent n’importe comment en coulisses et qui n’ont pas de vision ni de projet cohérent et tangible depuis plus d’une saison, le tout sans aucune remise en question ou presque. Et forcément, cela finit par se payer cash. Est-ce que cela vous rappelle quelque chose ?

Take her to sea Mister Murdoch. Let’s strech her legs !

Védouble.

Call on me, call on me !

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