On l’Aarauté jusqu’à la dernière seconde.

Le FC Lausanne-Sport retrouve la place qui est la sienne, et qu’il n’aurait jamais dû quitter, au terme d’une saison compliquée et qui doit servir de rampe de lancement pour le futur. Mais que c’était dur, tendu et stressant jusqu’au bout du bout, Kopfertami nonemôôl !

J’ai aimé :

-Comme j’aime à le répéter, ces trains spécialement affrétés pour les supportrices et supporters. C’est vraiment une idée de génie, le service est topissime et je me réjouis d’en vivre d’autres en Super League. Et voir un contrôleur CFF avec un maillot du LS sous sa chemise puis en parcage avec nous m’a presque réconcilié avec les quelques derniers retards subis ces derniers temps ;

-Le cortège de la gare d’Aarau au Brügglifeld qui a rassemblé un bon paquet de personnes, de l’enfant à la personne âgée en passant par celui ou celle qui suit son premier déplacement voire match du LS. Et tout ce petit monde se greffe délicieusement au noyau de fidèles pour rallier le stade et aller supporter notre équipe ;

-Le chemin emprunté par le cortège qui te fait passer dans de jolis petits coins avec de belles maisons et des gens qui tondent leur pelouse et certains qui saluent depuis leur fenêtre. J’ai adoré le tableau et cette ambiance bucolique mais encore plus l’odeur des saucisses qui me chatouillait les narines quand on approchait gentiment du stade et qu’on l’apercevait se dessiner au loin ;

-Le tifo du Kop Sud et le job abattu par les capi pour faire bouger ce parcage durant plus de 90 minutes. L’ambiance est allée crescendo, le score aidant. Mais plus les minutes avançaient, plus les gens semblaient crispés. Fort heureusement, le coup de sifflet libérateur a permis à tout ce petit monde de se lâcher ;

Le tifo vu de l’intérieur. Mon pneumologue tousse aussi. Oui, en haut c’est le ciel et en bas le terrain avec les 22 acteurs et le trio arbitral.

-La mobilisation lausannoise en parcage. A vue de nez un peu brouillée par un trajet aller arrosé, je dirais qu’environ 700 personnes ont pris place dans le secteur visiteur. C’est très bien, ça aurait certes pu être mieux mais cela reste très correc’ ;

-La météo. C’est con mais sous la pluie ça aurait été tout de suite moins rigolo ;

-L’arrêt de Castella après environ 20 minutes de jeu. De loin, entre deux drapeaux et avec une bière dans une main j’ai pris une note donc ça devait être un magnifique arrêt ;

-Le match de Baldé qui est monté en puissance depuis son arrivée. Mais quel joueur ;

-La prestation du LS. Promus sans devoir compter sur un faux pas du SLO, les joueurs sont allés chercher le point qu’il fallait et avec les tripes. Alors oui, on a eu peur jusqu’au bout et on encaisse deux buts évitables. Mais on ne devait pas rentrer bredouille et notre équipe a tenu, qui plus est contre un adversaire qui avait aussi beaucoup à perdre face à son public. Et c’est ce qu’il faut garder en mémoire. Résultat des courses, on retient un 2-2 bienvenu et nos adieux à cette deuxième division terne et qui pue du bec. Au revoir, merci et à jamais ;

-Les saucisses qui avaient fière allure. Certains pourraient s’en inspirer (suivez mon regard). Ce n’est pas nouveau, les Suisses-allemands et les Romands ne sont pas câblés pareil et l’art de préparer une saucisse c’est leur petit truc en plus dans ce coin de pays où on parle une langue étrange et où on soupe à 18h30 comme à l’EMS mais en foutant de la compote de pommes sur leurs pâtes bolo. Non mais des choses pareilles ;

-La FCA-Spiess, ou pour celles et ceux qui dessinaient des LS sur leur cahier pendant les cours d’allemand, la brochette FCA (FC Aarau, si tu t’es trompé de blog) avec son petit pain planté au bout. Un délice mais aussi un produit de luxe. CHF 13.- le bordel, c’est pas donné ;

Tout fringant, juste après avoir augmenté le plafond de ma carte de crédit pour m’offrir cette merveille.

-Le premier quart d’heure, les deux buts juste sous notre museau qui ont fait exploser de joie ce parcage ;

-Voir notre LS répondre présent dès l’entame de la rencontre et tenir le score en fin de match. Dommage toutefois que le 0-3 ait été loupé plus d’une fois car cela nous aurait évité une fin de partie un poil stressante ;

-Le mariage d’un pote le samedi d’avant. Heureusement qu’il a choisi cette date avec sa future femme sinon j’aurais été emmerdé, disons-nous les choses franchement ;

-Le poteau droit de Spiegel en fin de match. Au vu de ma position, je ne voyais pas l’entier de la cage mais ai bien entendu le « toing », un son doux et bienvenu. Même le câlin d’un ange n’est pas aussi soyeux ;

-La buvette. Ils utilisent une calculatrice et une caisse à monnaie pour faire tourner la boutique. Ce stade est champêtre jusqu’au bout. Et j’ai trouvé intelligent d’avoir plusieurs points de vente répartis derrière le parcage. Cela a permis de fluidifier un peu le tout ;

-Le coup de sifflet final. Je vais vous faire une confidence, j’ai été obligé de m’assoir pour faire passer cette seconde période qui ressemblait à un siège durant lequel les joueurs du LS semblaient parfois défendre assis sur un monocycle et en luttant pour ne pas perdre l’équilibre. Mais quel soulagement, quelle joie et quelle ivresse ! Voir tous ces visages heureux, ces gens se prendre dans les bras, taper la main du voisin ou de la voisine alors que tu n’as pas la moindre idée de son prénom, chanter, célébrer, crier, sourire, avoir les yeux qui brillent et pouvoir dire que s’est plié ! Un match de football se vit au stade, et c’est d’autant plus valable pour une promotion. Il faut l’expérimenter sur place, et si souffrance il y a, la libération est encore plus belle. Et que celles et ceux qui disent « ce n’est que du foot » se taisent à jamais ;

-Vivre pleinement cette saison et cette montée, sans Covid, sans une assistance contingentée voire de matchs à huis-clos ; 

-Le soleil et les oiseaux qui chantent pendant que je ponds cet article ;

-Mon voisin de droite (il se reconnaitra) qui enclenche son chronomètre pour les arrêts de jeu mais qui me dit ensuite « j’ose pas regarder combien de temps il reste » ;

-La bière offerte par un pote juste après la fin du match. C’est du velours, merci à lui pour sa bienveillance. Jamais une pisse ne m’a paru aussi goûtue et avec du retour ;

Petit souvenir de ce samedi haletant.

-Magnin qui parle à Brown à la fin du match, bras dessous, bras dessous, comme s’il lui hurlait à l’oreille « Aïe told you, oui did it ArTCHie nom d’Dieu » ;

-La victoire des M21 qui remportent leur match au sommet et se rapprochent de la promotion en première ligue. De son coté, le FC Lausanne-Sport féminin peut aussi rejoindre cette catégorie de jeu à la fin de cette saison. C’est beau, non ?

-Le maillot offert par un pote à la fin du match. En le saluant en arrivant dans le parcage, je le vois porter ce beau maillot qui me rappelle tant de souvenirs et je ne peux pas m’empêcher de lui faire un compliment. Il me répond qu’il me l’offre à la fin du match et il a tenu sa promesse. Je lui consacre ces quelques lignes ici pour le remercier à nouveau pour son geste et son attention. Cette journée aura définitivement été marquante jusqu’au bout ;


-Le cortège bruyant de la gare de Lausanne à la Tuilière avec une meute qui avait une sacrée gueule. Tout le monde s’était donné rendez-vous au stade pour faire la nouba au retour des joueurs. Les habitant-e-s devaient être un peu moins content-e-s de nous voir passer sous leur fenêtre mais on s’en fout, ils avaient qu’à venir à Aarau ou venir fêter avec nous. On est en ligue A bordel !

C’est pas nous qui sommes à la rue, c’est la rue kétanou !

-L’After au G bar avec les joueurs, le staff, des chants et des mots doux au micro. C’est beau de finir ainsi, tout sourire, bière à la main et surtout promus ! Et en plus j’ai évité le verre de trop. Chouette, non ?

-Terminer la saison ce samedi soir, profiter d’un week-end prolongé ensoleillé et surtout éviter les barrages !

Je n’ai pas aimé :

-La semaine qui a précédé ce match. Tendu comme une crampe depuis dimanche dernier, je n’arrivais pas penser à autre chose. Punaise mais quelle fin de saison ;

-Le merdier aux entrées avec initialement zéro, puis un et enfin deux tourniquets ouverts pour accéder au stade ;

-La lenteur de la buvette et les prix pratiqués. 8 boules une saucisse et un ballon et 5.- la bière (pour cette dernière je ne suis plus du tout sûr, vous m’excuserez), ça fait cher le casse-dalle ;

-L’arbitrage et le carton jaune oublié sur Baldé en première période ;

-Les corners et coups francs. On doit être le pire club d’Europe dans ces phases de jeu. Il faudra corriger cela cet été entre deux grillades à Vidy ;

-La talonnade suicidaire d’Husic dans l’axe à la 86ème. Quelle audace. Imaginez une seule seconde si Aarau plantait le 3-2 juste derrière ;

-La sortie prématurée de Castella. Bon rétablissement Thomas !

-La trouée de Spiegel sur le deuzàdeux. On aurait dit bibi qui sautait timidement du plongeoir de 5 mètres de la piscine de Renens avec une note artistique de -2 et des juges qui rendent leur tablier sur-le-champ ;

-Notre incapacité à planter ce troisième bu’, notamment en première mi-temps où il y avait plus que la place ;

-Constater que Bellinzone s’est déplacé en touriste à la Pontaise. Quelle plaie ce club, il nous aura emmerdé jusqu’au bout cette saison ;

-Voir notre équipe se chier dessus pendant toute la seconde période et trembler à chaque incursion des Argoviens dans notre moitié de terrain. Aarau poussait pour mettre le troisième et finir en beauté à la maison. Avec Bellinzone qui faisait de la merde à la Pontaise dans le même temps, une défaite au Brügglifeld nous aurait conduit aux barrages. Non mais rien que d’y penser j’ai envie de tirer la chasse ;

-Les 45 dernières minutes, le dernier quart d’heure, les arrêts de jeu et ce dernier corner. Quelle horreur, quelle vie. Pourquoi papa m’a emmené au fote et pas au musée quand j’étais haut comme trois pommes ? Vous pouvez me croire, j’aurais moins souffert en effectuant 49 minutes de gainage avec un podcast en dialecte argovien dans les oreilles ;

-Apprendre par voie de presse en me glissant sous le duvet une fois rentré qu’Aldin Turkes quittera le LS au terme de son contrat le 30 juin. Ce n’est pas une surprise, soyons honnêtes deux minutes, mais c’est un coup dur car ce joueur a beaucoup apporté au LS avant sa grave blessure ;

-Watson qui, dans son article putatlic, écrit que les supporters du LS ont saccagé un wagon CFF. Ce qu’il faut savoir, c’est que ce site recycle des informations lues sur Twitter (sic !) et Le Matin pour faire uniquement du sensationnel. La « Team Watson » qui signe cet article aux relents d’égouts n’a pas osé parapher individuellement son œuvre mais préfère se cacher derrière un pseudo et sévir de manière anonyme. Je vous laisse imaginer le niveau. Ce que ces as du torchon ne savent pas, c’est que le train affrété était déjà recouvert de tags et stickers datant du précédent voyage effectué par des supporters d’un autre club. Je ne suis pas pour ce genre d’agissements, qu’on se le dise. C’est irrespectueux et dégradant. Les CFF ont fait le maximum pour proposer des wagons propres et utilisables mais pas mal de vitres étaient bien sales et on voyait parfois à peine dehors. Forcément, depuis son bureau et le cul sur sa chaise, on ne peut difficilement juger par soi-même, n’est-ce pas la « Team Watson » ? Les consignes transmises avant le déplacement étaient claires et elles ont été respectées à 99%. Mais quand vous avez plus de 300 personnes à gérer, ce n’est humainement pas possible de tout contrôler de a à z. Il y a toujours des personnes qui bravent l’interdit et veulent se démarquer. Un peu comme vous avec votre article de bas étage. Vous voulez jouer aux plus malins ? Alors venez suivre un déplacement en train avec les supporters, qu’ils soient Lausannois, Genevois ou Sédunois et rédigez un vrai article de fond avec des faits que vous aurez observés et analysés. Vous verrez que tout se passe bien et que tout est orchestré pour que même les familles passent un bon moment et finissent également par revenir. Mais pour cela il vous faudra venir sur le terrain et faire honneur à votre profession. A bon entendeur.

Voilà mes braves, cette saison 2022/2023 touche à sa fin avec un épilogue heureux et festif. Après une saison 2021/2022 très compliquée, l’objectif fixé par le club en juillet dernier était le retour immédiat dans l’élite tout en se réconciliant avec son public et c’est désormais chose faite. Gardons cela en tête et avançons confiantes et confiants car on a tout pour bien faire. A chaud, je tire mon chapeau aux personnes au sein du club qui ont œuvré pour ramener le LS à sa place, qu’elles soient salariées ou bénévoles, à Ludo Magnin, au staff et aux joueurs pour cette promotion et les émotions procurées et enfin au Kop Sud Lausanne, avec en tête de gondole les Loz Boys et les Tricards. Cette saison a été un régal en tribune avec de magnifiques tifos, un soutien sans faille et une montée en puissance que je me réjouis de continuer à vivre en Super League.

Chères lectrices, chers lecteurs, je profite également de ce compte-rendu pour vous remercier de votre fidélité tout au long de cette saison, pour vos nombreux commentaires positifs, que ce soit au stade, autour d’un verre ou par écrit. C’est sincèrement très apprécié et toujours un plaisir de vous lire et échanger avec vous. Cela me donne beaucoup de force et je suis très touché par vos gentils mots. Je me réjouis de vous retrouver dès cet été mais, avant cela, un peu de repos s’impose car ces dernières semaines ont été très intenses. 

La préparation de la nouvelle saison 2023/2024 débute (déjà) mi-juin et d’ici là on espère toutes et tous des changements à tous les niveaux, non seulement sur le terrain avec une équipe compétitive mais aussi dans les bureaux avec entre autres une structure digne de ce nom et un directeur sportif pour épauler et surtout décharger Ludovic Magnin. Une vision claire et ambitieuse devra être établie, les ressources financières intelligemment allouées et le tout chapeauté et appuyé par un projet cohérent et surtout en évitant les erreurs fatales commises par le passé. Le bricolage ne doit plus du tout avoir sa place chez nous, cela doit faire partie du passé. Mais laissons le club travailler et prenons le temps de souffler et, surtout, savourer. On y a droit et c’est essentiel. Pour le reste, on verra bien ce que l’avenir nous réserve. Mais une chose est sûre, cet avenir il est à NOUS !

ON EST EN LIGUE A !  ALLEZ LAUSANNE !

By Védouble.

2 réflexions sur « On l’Aarauté jusqu’à la dernière seconde. »

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