Le FC Lausanne-Sport se donne de la peine cette saison. Mais il en a aussi énormément et en fait passablement, au point que trouver les mots pour qualifier ses prestations et notre ressenti au sortir des matchs s’apparente trop souvent à un chantier titanesque. Un chantier aussi vaste que celui qui attend Ludovic Magnin, Ludovic Magnin et Ludovic Magnin à la fin de cette saison, quelle que soit l’issue.
J’ai aimé :
-Remporter les 3 points. Cela n’était plus arrivée depuis le 16 avril et la victoire à domicile contre le SLO. Il a donc fallu attendre presque un mois et 3 matchs pour que notre équipe s’impose à nouveau ;
-Voir du foot le vendredi soir après une journée de travail et un afterwork. Et si c’était ça, le bonheur ?
-Commencer le match en constatant que Wil tombait la tête la première dans le piège tessinois ;
-Le tacle de Kablan à la 4ème qui nous a très probablement sauvé d’une ouverture du score qui serait tombée comme un cheveu sur la soupe ;
-La titularisation de Turkes, associé à Labeau en attaque. En proposant un 4-4-2, Ludovic Magnin a au moins eu le mérite et l’audace de tenter quelque chose. Cela avait fière allure sur le papier avec Baldé et Suzuki sur les ailes. A reconduire mais à 11 contre 11 durant plus de 90 minutes, si ce n’est pas trop demander ;
-Le but absolument sublime de Brown. Ventre à terre, même des herses auraient eu de la peine à freiner notre élégant défenseur anglais ;
-La faiblesse de notre adversaire. Avec un opposant mieux armé et moins gauche, les buts seraient tombés comme des quilles (fonctionne aussi avec les barrières qui séparent la tribune D de la route à chaque passage de fans adverses) et l’affaire aurait été classée avant même d’aller chercher la deuxième tournée de bières. On peut donc remercier Collet d’empiler les merdes depuis qu’il a repris le club de la Maladière ;
-Le match de Suzuki et plus particulièrement son solo qui conduit au 2-1. En plus d’avoir un comportement irréprochable, il semble élever son niveau de jeu au meilleur moment. Exemplaire ;
-La prestation de Castella qui une fois de plus sauve la baraque. Secoué en fin de partie, on espère qu’il sera d’attaque pour la dernière ligne droite ;
-Le but de Sanches qui doit lui redonner confiance en cette fin de saison ;
-Le job du Kop Sud qui n’a rien lâché et semble aussi monter en puissance au fil des matchs ;
-L’inspiration d’un lecteur qui m’a soufflé le calembour utilisé ensuite pour le titre de cet article. Merci à lui pour son altruisme et sa passe décisive.
Je n’ai pas aimé :
-L’horaire d’un foodtruck (ou camion-restaurant en bon français) à l’extérieur du stade avant le match. Après une bonne vingtaine de minutes d’attente, mes acolytes et moi pouvons nous approcher pour commander tout en apercevant un panneau mal placé qui indique que le service prend fin à 19h45 (le match débutant à 20h15). Bien évidemment, et vous l’aurez facilement deviné, il est 19h45 quand nous pouvions commander notre sandwich à 12.- et avons dû prendre langue avec les tenanciers et négocier âprement pour être servis. Celles et ceux juste derrière nous ont aussi élevé la voix pour pouvoir manger. Pour les autres, c’était rideau sous la houlette d’un malheureux bénévole qui annonçait timidement la nouvelle. Apparemment, ce foodtruck suit les règles et n’a pas le choix de fermer 30 minutes avant le coup d’envoi. Mais pourquoi anticiper sa fermeture ? Qu’est-ce que ça peut bien foutre au club que des gens (on parle d’une trentaine de personnes à tout péter) consomment et arrivent à la bourre dans le stade ? Qui tient la (longue) liste des bêtises de cette saison et peut rajouter celle-ci ?
-Dudic au sifflet. Je m’arrête ici, j’ai un mot du médecin ;
-L’affluence. Moins de 5’000 personnes un vendredi soir pour un derby en plein sprint final c’est totalement inexcusable. Le club et son département peuvent entreprendre tout ce qu’ils veulent, il vont hélas toujours se heurter à une population frileuse et sédentaire ;
-La vilaine passe en retrait de Brown en début de match ;
-L’allure de notre défense sur l’égalisation des visiteurs. Même Groland n’aurait pas osé ;
-Spielmann ;
-La entre douze guillemets gestion des supporters adverses à la sortie du stade. Honnêtement, c’est quoi ce cirque organisé par la sécurité et la police après chaque match ? On dirait qu’on prend 30 types au hasard dans la rue et qu’on leur file un moulin à poivre avec un casque et une tenue de carnaval. Pour compléter ce tableau, un ingénieur habitué du PMU qui joue aux bourrins sans faire la différence entre un âne et un zébu est sélectionné pour diriger les opérations ;
-Voir encore et toujours des enfants qui courent sur la pelouse à la fin du match pour aller demander des maillots aux joueurs. Le pire dans tout ça c’est que leurs parents semblent même les encourager dans leur démarche. Y’a quand même des salades de phalanges et soupes à la mandale qui se perdent ;
-L’expulsion de Kablan. Ce dernier avait sûrement peur de ne plus avoir d’eau chaude au vestiaire. Blague à part, quand tu additionnes la roublardise de Nuzzolo à la bêtise de Dudic, ça accouche forcément d’un nouveau match qui sent les pieds ;
-Le raté et la méforme de Labeau. On est pas loin d’un record avec nos pénaltys. Y’en a point comme nous. Quant au creux de notre 96, c’est très inquiétant. Son attitude et son bodylanguèdje (on salue Pierre-Alain Dupuis) sur le 2-1 de Sanches est selon moi très égoïste. Il est dans le dur certes mais là en plus de tout cela c’est au pire moment que cela arrive. Va falloir l’attacher dans la cave du stade et le nourrir uniquement de chair humaine et de venin de serpent pour le remettre dans de bonnes conditions. Pour ses pauses pipi, il serait judicieux de déposer la petite boule avec le but au fond des pissoires afin de lui redonner confiance durant les moments de détente. Je pose cela ici, le club en fera ce qu’il veut ;
-Notre attaque aussi productive qu’un atelier protégé. On va bientôt filer un chien d’aveugle à chaque joueur offensif pour les aider à trouver le chemin du but ;
-Constater que notre équipe ne semble pas ou peu concernée par ce sprint final.
Le temps file et il reste 3 matchs et 9 points en jeu. On a encore notre destin entre nos mains et cela tient du miracle, soyons honnêtes. Nos concurrents directs sont tout aussi irréguliers que nous. On a le cul bordé de nouilles mais je ne sais pas si je dois en rire à gorge déployée ou pleurer à chaudes larmes. Pour finir et en toute sincérité, je n’ai plus l’envie ni la force de tenir le crachoir et radoter davantage. L’écart entre les promesses (#missionreconquête) et la réalité du terrain est imposant et j’en suis presque à espérer que cette saison prenne fin le plus rapidement possible afin de pouvoir passer à autre chose. Voir notre équipe lutter et trembler contre le dernier de la classe (l’expulsion ne doit en aucun cas être une excuse derrière laquelle se cacher) qui doit être le plus dégueulasse des dernières années m’a presque fait partir avant la fin. C’est trop et la coupe est bientôt pleine. On était à ça de perdre 2 voire 3 nouveaux points vendredi soir. On a vraiment une allure d’idiot du village depuis 2 mois et cela en devient usant et lassant. Un moment de honte est vite passé mais quand même.
Ce vendredi notre équipe se déplace à Thoune pour un nouveau match ô combien important. Un train spécial est organisé par le Kop Sud donc sautons toutes et tous dedans et allons encourager notre LS dans l’Oberland bernois. Donnons notre maximum jusqu’à la 36ème et dernière journée et on fera les comptes ensuite. Le rêve serait bien évidemment que ça démoule d’ici là, qu’on soit promu avant le match à Aarau et qu’on s’y rende avec nos transats, la glacière qui déborde et les mots fléchés sous le bras pour vivre un match tranquille. Mais connaissant les habitudes lausannoises, on va trembler jusqu’à la dernière seconde avec les yeux rivés sur les résultats de nos concurrents directs. Quelle vie, quel club.
By Védouble.
