Aliou fait un bien fou ce Baldé !

Depuis un mois, le FC Lausanne-Sport aligne les résultats en dents de scie tout en touchant du bois. Avec (seulement) 6 points en 4 matchs dont un revers affligeant au Tessin, Magnin et sa troupe ont quand même le cul bordé de nouilles. Voyez plutôt : les poursuivants se marchent dessus et perdent aussi des points, notre équipe préférée reprend sa deuxième place tout en s’assurant un petit matelas sur Thoune, SLO et Aarau et reste à portée de main du leader yverdonnois. Et le tout en somnolant durant 30 minutes dimanche, en étant menés 0-1 puis en terminant le match à 10. La chance du futur champion ? On le saura dans 7 matchs. En attendant, si on peut éviter de s’emmerder et de trembler par intermittence tout en égarant des points tout faits de manière stupide, cela irait aussi.

J’ai aimé :

-Remporter la totalité dans l’enjeu. Oui mes braves, cela se savoure. Après un match à peu près complétement foiré à Bellinzone et les victoires de Wil et Yverdon deux jours avant de recevoir le SLO, il y avait de la matière pour se faire du mouron. 3 points plus que bienvenus et qui doivent lancer ce 4ème tour et le sprint final ;

-La réaction immédiate à la suite du 0-1. Ce but encaissé a au moins eu le mérite de réveiller un LS tout penaud. Il y a eu passablement de trous d’air cette saison mais cette équipe a du caractère et le classement l’atteste, qu’on le veuille ou non. Je suis le premier à vouloir revivre une saison comme celle de 2019/2020 au cours de laquelle on écrasait plus ou moins tout sur notre passage. Mais une cuvée comme celle-ci est rarissime, on a eu la chance de la vivre, on en a profité mais maintenant on vit une toute autre réalité et on est contraint de faire avec ;

-Magnin qui titularise le virevoltant Baldé à la place de Suzuki. Sa roublardise a payé. Avec deux réussites (la première était précédée d’un contrôle de balle un poil manqué, comme si on lui avait mis un Medizin Ball dans les pieds, et la seconde est aussi géniale que primordiale), une belle débauche d’énergie et son implication défensive, notre numéro 17 est l’homme du match, et de loin. Au vu de sa réussite contre les clubs du Canton, il faut impérativement le mettre sous verre et ne pas prendre le moindre risque car dans 2 semaines on se déplace à Yverdon ;

-Le G bar qui a (enfin) fait le nécessaire pour répondre à la forte demande les jours de match. Avec un tireuse à bière installée juste devant l’établissement et un employé souriant et serviable aux commandes, c’est en plein dans le mille. Bravo et merci aux concerné-e-s pour leur réactivité (tardive, certes) et leur considération ;

-La paire de couilles d’Okuka. Il en fallait pour entrer à la fin d’un match aussi engagé afin de tenir le résultat. Beaucoup auraient tremblé mais lui a l’air à l’aise, relax et tout semble lui couler dessus. Un jeune du cru promis à un bel avenir ;

-Le bilan comptable face à cet (insupportable) adversaire cette saison ;

-La réaction de Magnin qui sort Nanizayamo pour Husic ;

-Le nouveau match solide de Brown ;

-Les apports des remplaçants au cours de la rencontre. Magnin peut se permettre de faire entrer Husic, Bernede, Kablan, Suzuki et Okuka. Et il a encore Gaudino et Turkes sur le banc. C’est quand même du velours sur le papier ;

-La belle affluence. Plus de 6’000 personnes pour un match de deuxième division suisse, qui plus est à Lausanne avec le public le plus incertain du continent, c’est excellent et même mieux que ce qui se fait dans certains stades du pays à l’échelon supérieur.

Je n’ai pas aimé :

-Le début de match moisi, à la limite de la faute professionnelle par moment. Le niveau technique a été affligeant durant 30 minutes. Entre le nombre élevé de passes manquées (même à moins de 3 mètres), les tirs qui finissent dans le décor et les centres trop longs, on a vécu une première demi-heure très fade ;

-Le manque de réussite de Labeau qui n’était que l’ombre de lui-même à la finition. Pourvu que ce ne soit qu’un petit passage à vide. Pas en réussite, il a cependant comme toujours multiplié les courses et pris des boites. Son coup de poing rageur sur le terrain à la fin et sa mine dépitée en disaient long ;

-L’absence de fond de jeu après 9 mois de compétition et un LS qui peine à assumer ce statut de leader. Alors oui, ça suit tant bien que mal au niveau comptable mais que c’est laborieux. On va se chier dessus jusqu’au bout ;

-Magnin qui galère à trouver la bonne combinaison en défense centrale ;

-Turkes qui reste sur le banc ;

-Voir Sow partir s’échauffer en début de match ;

-La prestation manquée de Nanizayamo. Aussi bon dans son placement sur le terrain qu’un policier dans le sien après la rencontre, il a été logiquement remplacé par Husic à la pause ;

-Les balles arrêtées et les centres au 3ème poteau. Rarement dangereux dans ces phases de jeu, c’est à se demander si c’est vraiment travaillé à l’entrainement ;

-Le gamin qui termine je ne sais pas comment ni pourquoi sur le terrain et Castella qui, en plein match, le porte et l’aide à rejoindre la tribune. On aura bientôt tout vu dans ce stade. Prochaine étape, envoyer un remplaçant au restaurant VIP pour aider lors du coup de feu en cuisine ;

-La coupe de cheveux au lance-flammes de Gaudino. Dabanli devrait lui distiller un ou deux conseils, lui qui semble être chez le coiffeur trois fois par semaine. En parlant de coupe de cheveux, il y a quelqu’un pour réagir à celle de Tsoungi ? Il a perdu un pari, ce n’est pas possible autrement ;

-L’arbitrage une nouvelle fois médiocre. On commence à le connaitre le Dudic, il ne changera jamais et restera insupportable. A croire qu’il risque sa vie dès qu’il doit siffler un pénalty pour le LS. En plus d’être imbuvable, il est également avocat une fois son sifflet et son costume de petit chef frustré rangés. Cela lui fait donc plusieurs points en commun avec un certain Adrien Jaccottet ;

-L’expulsion de Suzuki. Du Dudic craché ;

-Les occasions manquées et la fin de match tendue ;

-Le coach du SLO qui rend un deuxième ballon aux Lausannois en le shootant et en visant le staff et les joueurs. Et le pire dans tout ça c’est que le type s’en tire sans carton alors que Suzuki ramasse une seconde biscotte pour avoir applaudi cette pive de Dudic ;

-Les gosses qui courent sur le terrain à la fin du match. Qu’on se le dise, gamin j’aurais été le premier à vouloir approcher mes idoles sur la pelouse (Kuzba et Mazzoni, pour ne citer qu’eux). Mais là, je suis un peu dubitatif quand je vois ce qu’il se passe. A quoi bon déployer des types au bord du terrain avec des gilets oranges à la fin du match pour ensuite se laisser submerger par des vagues de jeunes ? On ne voit cela qu’à Lausanne et ça fait vraiment tache et désordonné. Soit le club ouvre les vannes dès le coup de sifflet final, c’est donc tout le monde à la même et on vient finir notre bière sur le terrain avec Ludo le cul sur une chaise de camping, soit c’est tolérance zéro et le club prend les mesures qui s’imposent pour celles et ceux qui ne respectent pas les règles, parents compris. Et la double cerise sur le gâteau c’était d’entendre le speaker qui annonce au micro qu’il est interdit d’entrer sur la pelouse et de voir les bénévoles qui couraient après les enfants pour les attraper et les ramener en tribunes. Il ne manquait que le générique de Benny Hill pour compléter le tableau ;

-Voir que Vaduz en plante 6 au Tessin et que dimanche prochain c’est justement dans la principauté que notre club ira batailler ;

-Sanches qui, par moment, fait preuve de nonchalance et de suffisance. J’en peux plus de le voir dribler dans nos 25 derniers mètres. Il a une technique et un toucher de balle au-dessus de la moyenne dans cette division voire dans celle du dessus, tout le monde le sait et lui le premier mais ça manque encore parfois de régularité et de concentration ;

-L’amateurisme de la sécurité du FC Lausanne-Sport et de la police qui ont laissé partir librement et donc sans encadrement la trentaine de supporters du SLO dès le coup de sifflet final et en direction du Kop Sud. Tout ce petit monde a donc quitté le stade au même moment et forcément il y a eu du grabuge. Je constate qu’après 2 ans dans ce stade (pause Covid inclue), le club, la sécurité et la police sont toujours totalement incapables de gérer les flux de supporters adverses. Il y a de rares exceptions où cela fonctionne tant bien que mal, à savoir quand ceux-ci sont organisés, s’auto-gèrent et qu’il n’y a pas de rivalité (quand les supporters de Bâle, Zurich ou Lucerne viennent à Lausanne, par exemple). Par contre, dès qu’un poil de cul enraie la machine c’est tout de suite le cirque. Il n’y a donc aucune anticipation et progression notable de la part de professionnels qui sont censés s’occuper de l’ordre et de la sécurité dans et autour du stade, c’est inquiétant et triste. Je vous rappelle que ces gens sont payés pour cela et qu’il s’agit de leur activité principale à raison de 40 heures par semaine. On ne parle donc pas de types qui font ça le soir bénévolement après le boulot. Risible. Entre les enfants sur le terrain à la fin du match et un encadrement inexistant en dehors du stade, le LS, la Ville et le Canton se tirent une balle dans le pied et c’est réellement regrettable. Pourquoi tout semble bien fonctionner dans d’autres enceintes du pays mais pas chez nous ? Le pire dans tout ça c’est que ce sont les méchants supporters qui seront pointés du doigt en fin de compte. C’est facile, beaucoup trop facile.

By Védouble.

Parmi les emplois les plus inutiles qui peuvent exister, aussi appelés bullshit jobs, il y a désormais les gilets oranges du Stade de la Tuilière qui y figurent en tête de liste.

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