L’hiver touche gentiment à sa fin, le printemps pointe timidement le bout de son nez, les oiseaux chantent, les gens se bousculent à la déchetterie le samedi matin, les salles de sport perdent leurs membres inscrits le 3 janvier et (déjà) vingt-quatre rencontres de championnat se sont écoulées, entrecoupées par la traditionnelle trêve hivernale (quelqu’un a osé parler de Mundjjal ?). Et qui dit trêve dit indéniablement mercato. Une fenêtre bienvenue, le temps qui s’arrête comme lorsque Zohouri réussit un geste défensif et donc un moment béni pour les clubs du pays et de Navarre d’effectuer les retouches nécessaires en vue d’attaquer la seconde moitié de saison chauds comme des baraques à frites. Certains profitent toutefois de ces semaines agitées pour radicalement chambouler leur effectif et agir sous la panique et la précipitation à la suite de décisions scandaleuses et inadaptées quelques mois auparavant. Toute ressemblance avec un apprenti directeur sportif est purement fortuite. Fort heureusement, le FC Lausanne-Sport cuvée 22/23 avec Ludovic Magnin en figure de proue ont travaillé de manière très intelligente en ciblant les vrais manques, en dénichant les éléments adéquats et ce tout en prolongeant les contrats de deux piliers. Le virage serré du mercato a été plutôt bien négocié, comme l’atteste la belle série en cours depuis la reprise. En effet, le FC Lausanne-Sport a démarré l’année 2023 en trombe avec quatre victoires et deux nuls en six matchs. Malgré les résultats rageants contre Bellinzone et Vaduz à domicile, le LS a recollé au duo de tête et c’était le plus important. Les beaux jours arrivent tranquillement et les douze derniers matchs s’annoncent palpitants puisque désormais un seul petit point nous sépare d’une promotion directe.
Avant de passer ce mercato en revue, il m’est difficile d’occulter le travail tentaculaire de Ludo Magnin depuis son arrivée à Lausanne. Engagé sur tous les fronts ou presque, j’en viens presque à me demander s’il ne floque pas également les maillots, prépare les lessives, nettoie les appartements pour les états des lieux, file chez Hornbach avec son papa le cul vissé sur le siège passager de l’auto familiale et la main droite fermement accrochée à la poignée de maintien afin d’acheter quelques bricoles pour dépanner, conduit le bus du matériel en déplacement et court à la boulangerie pour acheter du pain afin de préparer les sandwichs pour les arbitres. Au vu des deux dernières offres d’emploi du LS (le club est à la recherche d’un-e cuisinier-ère et d’un-e assistant-e intendance et logistique), on imagine que notre Ludo national a demandé à sa direction de le soutenir dans ses fonctions et de réduire son cahier des charges qui est aussi volumineux que le nombre d’articles de Nicolas Jaquier consacrés au FC Sion au moindre bâillement ou ongle incarné de Christian Constantin.
Bon, blague mise à part, je ne sais pas si je suis l’homme idoine pour parler de cela mais l’organisation mise en place en coulisses pour cette saison me laisse quelque peu pantois. Notre façon de faire bien à nous demeure une exception à l’échelon professionnel de notre pays. Notre coach cumule plusieurs fonctions et cela présente certes des avantages (le but ici n’est pas de pondre une thèse là-dessus mais y revenir avec parcimonie me semble important) comme par exemple des processus décisionnels raccourcis couplés qui plus est cette saison à un management local et non hors-sol. En effet, Ludo peut galoper directement en direction du bureau du big boss, les dossiers sous le bras, les joues belles rouges et l’espress’ dans une main sans devoir passer par la case directeur sportif ou via d’autres sombres intermédiaires qui peuvent avoir des intérêts et avis différents (encore une fois, toute ressemblance éventuelle est totalement fortuite). En revanche, avoir un coach au four et au moulin me semble tout de même inadapté à ce niveau et il serait utile et bienvenu d’étoffer son staff afin de travailler de manière plus optimale et répartir les forces en cas en promotion cet été. In fine, la méthode lausannoise peut donc autant être attaquée que défendable mais, comme je le répète inlassablement, c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens. Rendez-vous donc aux prémices de l’été 2023 pour tirer un bilan. Voilà, parenthèse fermée. Place donc sans plus attendre à un tour d’horizon des mouvements opérés cet hiver, et dans le désordre (c’est mon blog, je fais encore comme je veux).
Départs
Le G bar a apparemment (oui, car le LS ne l’a pas encore communiqué) changé de main en devenant désormais la propriété du club. Place désormais à des horaires et une carte des bières transformés par une cure d’amincissement qui rendraient jaloux Mayron George et son nutritionniste (si tant est qu’il ait réellement existé suiçi). Malheureusement, quant à lui, le service est toujours aussi lent et je suis prêt à parier que passer la douane à Cointrin un 25 décembre demande moins de temps et d’énergie. Plus sérieusement, j’espère que le club saura exploiter ce très bel endroit et en faire un lieux rassembleur et accueillant où les supportrices et supporters continueront de se retrouver avant et après les matchs. Le/la ou les propriétaires du G bar on fait du très bon boulot jusqu’à présent pour aménager ce bar, le rendre vivant et en faire un point de rencontre désormais incontournable les jours et soirs de matchs. Ce serait vraiment dommage de tout foutre en l’air. Un conseil, n’engagez pas un certain SC (nom connu de la rédaction) pour gérer cet établissement sinon on se retrouvera avec une friche en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.
Sur ce, passons à présent au terrain. Tristan Diaz et Florian Hysenaj sont prêtés à Bavois. Une décision logique puisque le premier cité n’a cumulé que neuf petites minutes de jeu cette saison et le second zéro. Avec cette statistique décoiffante, ce dernier et moi avons un point en commun et je n’ai ainsi jamais été aussi proche d’une carrière professionnelle. Goduine Koyalipou est aussi prêté mais à Avranches, pensionnaire de troisième division française. Son prêt se terminant en juin 2023, tout comme son contrat, mon petit doigt me dit qu’on ne reverra plus ce joueur à Lausanne. Inconstant, brouillon et peu décisif, il aura eu sa chance mais ne l’aura jamais réellement saisie, que ce soit en Super League ou cette saison. Pour sa défense, il a toutefois souvent été aligné en attaque dans un 4-4-2 pour dépanner alors que son poste de prédilection est milieu droit. Lausannois depuis 2015 avec en prime un séjour Erasmus en Pologne de quelques mois en 2019, Elton Monteiro a choisi le Vietnam et a quitté la capitale vaudoise dans l’indifférence la plus totale. Avec plus de 150 matchs en bleu et blanc, il aurait mérité une sortie un peu plus joyeuse. Enfin, Marvin Spielmann est prêté à Neuchâtel et je lui souhaite d’y pourrir. Ce joueur n’a rien montré chez nous, s’est trainé comme un vétéran (et encore, c’est irrespectueux pour les vétérans) et n’a rien trouvé de mieux à faire que de célébrer son but contre nous sans retenue. Qu’il reste où il est et le plus longtemps possible. Bon vent à eux, sauf à Spielmann qui peut aller se faire foutre.
Arrivées
Le LS a profité de ce mercato pour prolonger deux éléments ô combien importants. Thomas Castella s’est lié au club jusqu’en 2028 et Alvyn Sanches jusqu’en 2026. Avec bientôt dix années de fidélité à Lausanne et plus de 200 matchs sous nos couleurs, notre ange gardien entrera incontestablement au panthéon des légendes du FC Lausanne-Sport. Pour Sanches, c’est une prolongation intelligente mais qui doit être suivie par une promotion en Super League en fin de saison, sinon nul doute qu’il s’en ira en juin pour continuer sa progression et voir si l’herbe est plus verte.
En défense, Chris Kablan apporte de la concurrence bienvenue en plus d’un bagage très intéressant. Solide et appliqué défensivement et dangereux en phase offensive, notre nouveau numéro 20 connait en plus bien notre championnat puisqu’il a été formé à Lucerne et a notamment évolué à Kriens ainsi qu’à Thoune. Au milieu de terrain, le LS s’est renforcé avec l’arrivée en prêt d’Antoine Bernede en provenance du Red Bull Salzburg. Vous voulez savoir pourquoi c’est un très bon transfert ? Regardez simplement comment se comporte l’équipe quand il est remplacé en cours de match. Son intégration a été très rapide et son entente avec Custodio et Sanches semble excellente. Âgé de 23 ans, formé au PSG et doté d’une excellente technique, Bernede va s’éclater sur les pelouses de Challenge League et va nous faire un bien fou. Pour terminer, le LS a (enfin) trouvé un attaquant pour laisser souffler Labeau tout en permettant à Turkes de revenir tranquillement. Avec l’arrivée d’Aliou Balde qui nous vient de Feyenoord, l’attaque lausannoise aura fière allure. A la fois vif, léger, rapide et habile, Balde a un profil complémentaire à celui de Labeau ou Turkes et peut évoluer tant sur l’aile qu’en pointe. Un copain qui connait le football néerlandais m’a susurré à l’oreille que ce joueur peut être autant génial qu’agaçant sur un terrain. Laissons-nous surprendre !
En somme, nous avons vécu un mercato intelligent, réfléchi, cohérent et qui porte ses fruits en ce début de seconde partie de saison. Ça fait tout drôle, pour être honnête, mais on ne va pas s’en plaindre. Grâce à la magie des mathématiques, on dénombre cinq départs (transferts et prêts confondus), trois arrivées et deux prolongations de contrat durant ce mercato (sans compter celle de Melvin Mastil jusqu’en 2027 qui a été annoncée lorsque cet article était déjà sorti du four et en train de refroidir). Le contingent a été épuré et a gagné en qualité avec un renfort par ligne. Le but est de monter en Super League sans passer par la case barrages et tout est mis en œuvre en coulisses et sur le terrain pour y arriver. Cerise sur le gâteau, le camp en Tunisie a été fédérateur et l’apport du coach mental plus que décisif. Finissons-en avec les habituelles excuses, il est à présent vital que les joueurs se responsabilisent et se défoncent contre chaque adversaire, qu’il soit premier ou dernier, qu’il s’expose, casse le jeu et/ou soit replié à outrance. Personne ne nous fera de cadeaux (arbitres inclus) et les points seront chers jusqu’à la fin de la saison, presque aussi chers que les prix des produits de la collection LS x Le Coq sportif actuellement en vente ou qu’une fondue à l’espace 1896, c’est dire.
ALLEZ LAUSANNE !
By Védouble.
Une réflexion sur « Le point sur le mercato hivernal, mais pas que. »