A Lausanne à petons on dépasse les Lions.

Je suis d’humeur guillerette, vous l’aurez compris. Au point que de m’inspirer de l’entrainante Complainte de l’heure de pointe de feu Joe Dassin pour créer le titre de cet compte-rendu sonne comme une évidence (disclaimer : vous l’aurez aussi toute la journée dans la tête. De rien, c’est offert par la maison). Et pourtant, tout semblait bien mal emmanché à l’approche de ce derby lausannois: une pelouse enneigée à quelques jours du coup d’envoi couplée à une météo glaciale qui n’allait rien arranger du tout et un FC Lausanne-Sport fébrile et en manque de confiance qui restait sur 3 nuls et 2 défaites lors des 5 derniers matchs de championnat. Sans oublier que la dernière victoire remontait au 21 octobre contre Thoune et que le dernier succès hors de notre jardin datait du 12 août à Neuchâtel. Et pour couronner le tout, notre adversaire à crinière était en pleine bourre, avait le vent dans le dos et nous devançait de 6 points au classement.
Vous complétez ce savant mélange avec notre respect des classiques, à savoir se vautrer lorsqu’il s’agit de répondre présent dans un match à enjeu et vous n’avez plus que vos yeux pour pleurer. Il fallait donc être salement motivé pour miser une pièce sur une victoire du LS. Mais en ce dernier dimanche de janvier, le LS a eu la bonne idée de remettre l’église au milieu du village et de faire taire les plus sceptiques, bibi en tête de gondole. A l’aube de cette seconde moitié de saison, les cartes sont ainsi redistribuées et on repart du bon pied. Attention toutefois de ne pas s’emballer car on n’a de loin pas fini de trembler. Mais nom d’une pipe en bois, qu’est-ce que ça fait du bien. Donc savourons !

J’ai aimé :

-Retrouver le chemin du stade, revoir toutes ces bouilles en avant match, serrer des paluches, tirer une ou deux thèses, se souhaiter la bonne année (techniquement c’est autorisé jusqu’à fin janvier), s’en jeter une dans le gosier avant de filer à petons à la Pontaise avec une cohorte de Lausannoises et Lausannois qui trépignaient d’impatience de revoir jouer leur équipe. Le Mundial c’est sympa deux minutes, mais à présent place au football que l’on aime ;

-Les petites mains qui ont déneigé le terrain afin que cette partie puisse avoir lieu. Ca aurait quand même été con de se priver d’une victoire. De vous à moi, je suis certain que Ludo a été chercher la pelle à neige familiale chez son papa pour aller donner un coup de main aux employés de la Ville et a bouélé avec ses joues belles rouges et son bonnet vissé jusqu’au bas du front « hey tchô les gars, j’ai pris les neuv’heures et un kilo d’raisin » en agitant un sac plein de croissants et une bouteille de Féchy ;

-Le changement de système opéré par notre Ludo national. Le 3-5-2 se retire pour un 4-5-1 rafraichissant qui a notamment permis à Suzuki et à Schwizer (surtout) de jouer de manière libérée sur leur aile respective. On appelle ça un pari gagnant ;

-Revenir au score, gagner ce derby avec les tripes et se relancer au classement. D’habitude, j’ai tendance à le répéter, on se vautre comme des étrons dans ce genre de matchs. Mais là que pouic. Le LS a montré qui est le patron, pour notre plus grand bonheur ;

-La mobilisation lausannoise (bleue et blanche hein, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit) en ce dimanche après-midi. Le Kop Sud avait une nouvelle fois fière allure et s’est défoncé les cordes vocales durant plus de 90 minutes ;

-La prestation défensive de toute l’équipe. Je précise car non seulement la défense a été remarquable, mais également les milieux et Labeau. Tout le monde a tiré à la même corde en infériorité numérique et on a enfin vu cette équipe se défoncer, montrer qu’elle a du caractère et qu’il faudra compter avec elle jusqu’au bout ;

-Le coach mental. Autant lorsqu’on a pris le 1-0 et qu’on balançait tous nos ballons devant sur Labeau je me demandais si c’était réellement une idée lumineuse, autant après 94 minutes j’ai bien fermé ma gueule et laissé faire les personnes qui sont payées pour ça ;

-La prolongation de Castella. Je t’aime, Thomas ;

-La belle (courte) entrée d’Okuka. Ce jeune homme possède le calme d’un vieux briscard. Cela démontre une nouvelle fois l’excellente qualité de la formation lausannoise qui arrive à sortir des talents chaque année ou presque. Maintenant il s’agira de les conserver et de les faire progresser sous nos couleurs ;

-La réaction de TOUTE l’équipe après le 1-0. Notre LS a fait preuve de solidité et de maitrise. Le kiff, tout simplement ;

-Voir ces 10 guerriers tenir 40 minutes à 10 en se battant comme des morts de faim, sans être aidés ni par l’arbitrage ni par un adversaire plus qu’insupportable. Devant l’adversité, les coudes se soudent, comme dirait Shurik’n. Cerise sur le gâteau, notre équipe a à plusieurs reprises proposé de beaux schémas lorsqu’il a fallu sortir le ballon et partir en contre. Mais il y a aussi eu des longues balles et des centres qui ont fini chez les voisins, soyez rassuré-e-s ;

-Les buteurs qui célèbrent leurs réussites en courant vers le Kop Sud, suivis par tous leurs coéquipiers. On a senti beaucoup de joie, de rage et de soulagement de leur part. Ca faisait longtemps, et ça fait du bien ;

-Rire en voyant les « supporters » du SLO se lever et quitter le stade après avoir encaissé le 2-4. Quel public, quelle ferveur et quelle mentalité ;

-Le génie de Sanches pour le 1-1 et son travail de sape qui mène au 1-2. Un élément incontournable dans notre 11 ;

-Admirer le LS renverser la vapeur en 5 minutes. J’y ai sûrement laissé une corde vocale mais ça valait le coup. Et voir Schwizer filer seul au but en fin de match pour enfoncer le dernier clou du cercueil.. en un mot comme en mille : jouissif ;

-La prestation défensive de Brown, la maîtrise de Custodio, l’abattage de Suzuki et les réussites de Schwizer qui, je l’espère, vont lui permettre de décoller ;

-Labeau, comme toujours. Quel travail dos au but, quelle conservation du ballon et quelle abnégation. Sa récupération sur le 2-4 a le poids d’un assist ;

-Les sourires à la fin du match et des scènes de joie qui se sont faites trop rares cette saison. Quel bien ça fait ;

-Apprendre via la RTS que Magnin a conduit le bus pour rejoindre la Pontaise. On touche vraiment le génie du bout du doigt avec notre entraineur cette saison, je me régale. Il faut le mettre sous verre, vraiment.

Je n’ai pas aimé :

-Encaisser le 1-0. Sachant que cette saison le LS n’a jamais réussi à engranger des points après avoir été mené, on pouvait légitimement se dire que ça puait méchamment de la bouche ;

-Le début de match avec un jeu très illisible et tous nos ballons catapultés devant en direction de Labeau ;

-Le début de match (bis) manqué de Bernede. Forcément, j’ai observé notre nouvelle recrue d’un œil très attentif et, malheureusement pour lui comme pour nous, il a totalement foiré ses 3 premières passes. La troisième a même conduit à l’ouverture du score du SLO. On mettra cela sur le compte du froid, du premier match et, surtout, du numéro qu’il a choisi. Avec le 24 dans le dos, il ne sait peut-être pas encore que ce maillot est maudit pour encore 10 générations ;

-L’arbitrage. Comme souvent (ou toujours, c’est selon), il n’y a strictement aucune ligne et c’est à la tête du client. Je ne me prononcerai pas sur le carton rouge car je n’ai rien vu, mais je peux vous citer au moins 10 situations où l’arbitre était aux fraises ;

-Le rythme aux buvettes. Je suis sûr que certaines personnes y sont encore. Et tu commandes un coca, une bière et un sandwich et le type te regarde comme si tu lui demandais de lui faire un pitch de 5 minutes sur la physique des particules en hongrois. Chez nos voisins qui parlent une sorte d’allemand bizarre, tu n’as même pas le temps de commander qu’on te balance ta commande dessus. Deux salles, deux ambiances ;

-L’expulsion de Sanches qui le privera des deux prochains matchs ;

-Le cinéma d’Okou. Le voir allongé comme s’il avait reçu une balle dans la cuisse, attendre le staff médical qui a sprinté comme si sa vie en dépendait, le voir se relever péniblement puis gambader comme si de rien n’était. On ne l’a ensuite plus revu puisque Brown s’est bien occupé de lui et a annihilé chacune de ses actions. C’est ce qui s’appelle un retour de karma dans la gueule ;

-Le manque de vitesse et de réactivité du duo composant notre défense centrale. Alors oui, c’est du solide, c’est imposant et ça a du caractère. Mais quand il faut accélérer c’est une autre paire de manche. Et à chaque duel je sens la faute bête qui se soldera par un carton rouge ;

-Le speaker qui officie tant aux matchs du LS que du SLO. Et comme je l’ai déjà dit, l’entendre hurler sur les buts stadistes ça me donne envie d’aller le sortir de sa cabine à coups de pieds au cul. Maintenant il choisit, c’est soit le LS, soit les autres. Mais pas les deux, faut pas pousser. La prochaine étape c’est quoi, on leur prête un jeu de maillots, de la lessive en poudre ou la carte BP pour aller faire le plein ? Chacun sa merde, qu’ils se débrouillent.

By Védouble.

Des scènes de liesse qui feraient bander un eunuque. Et je pèse mes mots.

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