En date du 17 novembre 2022, les Loz Boys fêtaient leur 10ème anniversaire.
Il s’agit d’une étape importante et qui force le respect, tant le FC Lausanne-Sport a connu plus de bas que de hauts depuis 2012 et les émotions ont trop souvent laissé place à la déception. L’occasion est donc toute trouvée pour en savoir davantage sur ce groupe ultra qui a animé la Pontaise, la Tuilière et les parcages à l’extérieur au cours des 10 dernières années. Les Ponthèses ont ainsi approché Marko, co-fondateur et président des Loz Boys durant cette décennie, pour un coup de projecteur sur ce groupe qui soutien le FC Lausanne-Sport à domicile comme sur la route, peu importe la ligue, l’adversaire ou l’enjeu. Bonne lecture !
Salut Marko ! Tout d’abord, merci beaucoup d’avoir accepté cette interview. Pour débuter, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Marko, j’ai 34 ans et je suis d’origine croate. J’ai longtemps habité en ville de Lausanne avant que mes études et mon activité professionnelle dans la finance ne me poussent à découvrir d’autres coins de la Suisse. Depuis peu, je suis de retour sur les bords du Léman. Je suis supporter du FC Lausanne-Sport depuis la fin d’année 2005 et j’ai ensuite eu l’honneur de participer à la création de deux groupes ultra lausannois, les Rabiosos Lausanne en 2006, puis les Loz Boys en 2012.
Pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas, peux-tu présenter les Loz Boys ?
Les Loz Boys sont un groupe ultra créé le 17 novembre 2012 par 9 personnes qui avaient à cœur de contribuer à l’animation des matchs du FC Lausanne-Sport. Au fil du temps, le groupe a grandi et est devenu le moteur de l’ambiance lors des matchs du LS.
Revenons sur la thématique ultra justement, comment décrirais-tu le mouvement ultra à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler ?
Le mouvement ultra est compliqué à comprendre et à expliquer pour quelqu’un qui n’est pas du milieu. On peut voir ce mouvement comme une « subculture » qui est souvent décrié et pointé du doigt par un large public (médias et politiques notamment) lors d’événements qui ne correspondent pas à la vision de supporter de la part du commun des mortels.
Au stade, un groupe ultra sera reconnaissable par la présence de personnes derrière une bâche qui porte le nom ou tout autre symbole représentant le groupe. La bâche est l’élément qui a le plus de valeur aux yeux d’un supporter ultra et c’est ce qu’il va chercher à protéger à tout prix. On peut mieux comprendre pourquoi c’est ainsi, car selon des règles non écrites, lorsqu’un groupe perd sa bâche, il doit cesser d’exister.
Dans sa définition de base, le mouvement ultra consiste à suivre son équipe quel que soit le stade dans lequel elle évolue et d’y poser sa bâche. Le groupe va alors supporter son équipe activement par des animations telles que des chants et des tifos, qui peuvent parfois être accompagnés d’engins pyrotechniques. La communication d’un groupe ultra se fera principalement au stade, par des banderoles ou des tracts, mais parfois aussi par des communiqués. Un supporter ultra aime sa ville et son club, et il se sentira blessé lorsque quelqu’un dénigrera l’un ou l’autre. Il « vit » donc sa passion tous les jours et pas uniquement les jours de matchs.
Comment t’est venue l’idée de fonder un groupe ultra à Lausanne ?
Je n’ai pas eu la chance d’avoir des parents ou toute autre personne qui suivaient une équipe et qui auraient pu m’amener au stade, comme c’est le cas chez la plupart des ados. Ma première expérience avec le monde des tribunes a eu lieu durant mes vacances d’été 2005 que je passais, comme d’habitude, en Croatie. Alors âgé de 17 ans, un ami me propose de me joindre à lui pour aller voir un match de Champions League du club de la région, Hajduk Split. C’est sans trop réfléchir que j’acceptais et que j’allais pouvoir voir, pour la première fois, un match de football professionnel en live. Honnêtement, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais une fois arrivé en ville de Split, il était impossible de ne pas remarquer qu’il se jouait ce soir-là un match, ça se sentait dans l’air, toute la ville avait une « vibe » particulière. Même un touriste n’aurait pas pu s’empêcher de le ressentir. C’est ainsi que j’ai vécu mon premier grand match. Malgré le match catastrophique sur le terrain de l’équipe locale, j’ai été pris par les tribunes, par cet air qui semblait se déchirer lorsque le kop chantait et que les tribunes tremblaient littéralement sous mes pieds.
Une fois les vacances terminées et de retour en Suisse, je me suis intéressé d’un peu plus près à ce qu’il y avait chez moi, à Lausanne. Je découvrais ce FC Lausanne-Sport, qui renaissait de ses cendres et qui, après deux promotions, jouait en Challenge League et avait pour objectif de remonter dans l’élite suisse. Il est clair que je ne retrouvais pas les mêmes émotions des gradins de Split à la vétuste Pontaise, mais il n’en était pas moins que j’avais l’envie de m’engager pour le LS. Le BWFK (ndlr. Blue-White Fanatic Kop, fan’s club fondé en 1989) était dans la place, mais je ne me sentais pas de les rejoindre et avais plutôt l’envie de créer quelque chose moi-même. Après avoir assisté aux quelques rencontres de l’automne 2005 avec mon frangin, on a rapidement rencontré d’autres jeunes de notre âge qui avaient la même envie que nous, et c’est ainsi qu’ont vu le jour les Rabiosos Lausanne. Après quelques années d’activité avec ce groupe, mon frangin et moi décidions de nous en éloigner. Courant 2012, deux de mes frangins avaient toujours à cœur d’apporter quelque chose aux tribunes lausannoises. Au départ, j’étais contre l’idée, mais il n’a pas fallu me convaincre longtemps pour que je fasse partie de l’aventure, une fois de plus. Comme en 2006, nous avons rapidement rencontré d’autres personnes souhaitant également s’engager pour le LS et c’est ainsi que les Loz Boys furent créés un 17 novembre 2012 et que le groupe a pu souffler ses 10 bougies dernièrement.
Quels ont été les plus gros défis au début de cette aventure ?
En tant que supporters du LS, quel n’a pas été l’élément qui n’a pas été un défi… En commençant par le fait que les tribunes de la Pontaise étaient très parsemées et qu’il était de ce fait compliqué de trouver de nouvelles têtes qui souhaitaient rejoindre le groupe.
On peut ensuite passer à l’organisation des déplacements : tous les membres ne pouvant pas effectuer tous les déplacements, il fallait chaque fois trouver le moyen de transport adéquat qui permettrait au plus de gens de pouvoir se déplacer, tout en s’assurant de ne pas devoir se ruiner. Et comme la bâche devrait être posée partout, il y a même eu quelques fois où seule une personne s’est déplacée, juste pour pouvoir marquer la présence. Les autres déplacements se faisaient majoritairement en voiture et en minibus.
Finalement, il y a aussi les questions de financement des activités du groupe. Les tifos et autres animations sont assez gourmands financièrement, sans compter la logistique et la main d’œuvre nécessaires pour leur réalisation. Alors quand le groupe est petit et que ses membres sont plutôt jeunes, l’aspect financier joue un rôle non négligeable.
Ce qui n’a cependant jamais manqué, c’est la motivation des membres à faire tout leur possible pour le développement du groupe et de la tribune. Avec le temps et avec l’entrée dans le nouveau stade, le groupe a pu gagner en expérience et gonfler ses rangs, ce qui a été bénéfique en tout point de vue, facilitant bien des choses dans la réalisation des activités.
Quel est l’âge moyen des membres et le profil social ? Est-ce que le cliché chômeur et mangeur d’enfants est d’actualité ?
(Rires) Ce cliché reviendra toujours et rejoint l’aspect mentionné plus tôt, que ce mouvement est méconnu, incompris et souvent décrié. Mais il n’en est rien. Je suis même d’avis que globalement la population constituant les groupes ultra couvre un peu toutes les classes sociales, surtout dans les ceux de plus grande taille. Comme partout, je ne pense pas que l’indication d’un âge moyen soit représentative. Plutôt, on peut noter qu’il y a pratiquement 3 tranches d’âge reflétées: les membres qui sont dans leur trentaine et ceux dans leur vingtaine, qui représentent les actifs et le noyau stable du groupe, et ceux qui sont sur la fin de leur adolescence, qui regroupent les membres qui vont tirer le groupe dans le futur.
Si tu jettes un œil dans le rétroviseur, quel est ton regard après 10 ans ?
En regardant en arrière et en gardant à l’esprit dans quelles conditions tout a commencé, je ne peux qu’être fier de tout ce qui a été accompli et remercier mes camarades de tribune pour tout ce qu’on a pu réaliser ces dernières années. Les efforts sont gentiment récompensés et on peut maintenant savourer une jolie ambiance lors des matchs du LS, où nous ne faisons plus tache sur la carte de la Suisse. Et je me permets même de relever que nous avons mis la barre assez haut lors du match des 10 ans de groupe, où nos différents tifos et shows pyrotechniques ont fini par faire la « une » de nombreuses pages influentes de réseaux sociaux dédiées principalement au mouvement ultra. Les gens pouvaient à nouveau situer Lausanne sur la carte de l’Europe et ça, ça fait vraiment plaisir.
Quelle est l’entente avec les autres groupes et clubs de soutien ?
Toutes ces belles choses accomplies ont aussi et surtout été possibles grâce à une bonne entente avec les personnes qui nous entourent et qui constituent notre tribune, qu’elles fassent partie d’un groupe ou non. Dans les relations avec les groupes officiels de la tribune, il y a eu des hauts et des bas, et c’est aussi pour ça qu’on remarque à quel point il est complexe de réunir un certain nombre de personnes et de les faire tirer à la même corde, tout en gérant les conflits qui pourraient voir le jour. Au final, et les diverses expériences de ces dix dernières années l’ont démontré, il faut faire en sorte que tout le monde trouve son compte dans la tribune et qu’on tire tous à la même corde. Il y a déjà tellement peu de supporters qui viennent au stade, que si en plus ceux qui y vont ne s’entendent pas, on peut vite deviner qu’on n’irait pas loin et qu’on ne pourrait pas passer à un échelon supérieur.
En parlant de tirer à la même corde, on peut aisément faire le lien avec la récente création du Kop Sud Lausanne (KSL). Peux-tu expliquer ce qui vous a motivé à prendre cette décision ?
C’est précisément par rapport aux points évoqués plus haut, afin de souder les supporters lausannois du kop sous un même nom, auquel ils pourraient s’identifier, sans pour autant devoir faire partie d’un groupe ultra. Je ne vais pas le cacher, l’idée avait été évoquée il y a bien des années, mais la concrétiser dans une Pontaise désertée était tout simplement utopique, d’autant plus en considérant les constants changements d’emplacement du kop, passant du Bloc 8, au Bloc N et à la Tribune Sud. Avec l’arrivée de la Tuilière, il était clair que la situation de départ changeait drastiquement, avec une tribune dédiée pour un véritable kop et un possible retour du supporter lausannois.
Le mouvement ultra est également connu pour les liens d’amitié noués entre différents groupes. Les Loz Boys ne dérogent pas à la règle puisque vous êtes amis avec trois autres groupes. Comment ces amitiés sont-elles nées ?
Commençons par la plus ancienne, celle avec Winterthur. Elle s’est faite dans une certaine continuité des bons contacts historiques qu’il y avait entre nos deux tribunes, et plus particulièrement à l’époque avec le BWFK. C’est lors du dernier match de la saison 2015/2016, qui verra le LS promu en Super League, que nous accueillons le FC Winterthur à la Pontaise. Après la lourde défaite 1-4, une demi-douzaine de jeunes de Winterthur ont fait le tour du stade pour nous féliciter pour la promotion et nous offrir des bières. On apprendra plus tard qu’ils venaient de créer le groupe Locals. C’est un geste qu’on n’oubliera pas et on a fini par leur proposer de se joindre à nous en secteur visiteur lors de notre déplacement au Letzigrund contre GC en novembre 2016. Le courant est très bien passé, nous ne nous sommes pas posés mille questions et l’amitié était lancée. Depuis, nous avons enchaîné les visites en Suisse allemande et vice versa, que ce soit pour des rencontres contre d’autres adversaires ou lors de celles qui opposaient nos deux clubs respectifs, qui ont toujours été accompagnées d’une « vibe » particulière.
Cette amitié avec Winterthur nous a ensuite rapprochés de Soleure. Ces derniers avaient déjà une amitié avec Winterthur et c’est logiquement qu’on se côtoyait lorsque nos deux groupes se rendaient à Winti. Au fil du temps, on a plutôt bien fait connaissance avec eux et nos tribunes se sont rapprochées.
Avec Dijon, la particularité est que le diminutif des deux groupes respectifs est LB12, eux étant les Lingon’s Boys, fondés en 2012. Les premiers contacts ont eu lieu à l’automne 2016 à travers les réseaux sociaux, à la suite de quoi ils se sont intensifiés et ont mené à ce que nous soyons invités à leur match de Coupe de France à Louhans en janvier 2017. Le courant est là aussi très bien passé et
l’histoire d’une nouvelle amitié allait commencer. Depuis, les visites dans un sens comme dans l’autre se sont répétées et il faut le dire, autant pour nous que pour eux, c’est toujours un moment particulier d’aller voir un match dans le pays voisin, tant l’expérience supporter peut être perçue de manière différente.
En parlant de contacts, est-ce que vous en avez avec le LS et sa direction ?
Bien entendu, et des contacts doivent être entretenus afin que tous puissent y trouver leur compte. Régulièrement, les groupes et les responsables du club se rencontrent pour faire un point de la situation et régler les potentiels soucis qu’il peut y avoir. Le contact est globalement bon, bien qu’il y a tout de même des périodes plus compliquées, où les supporters expriment leur mécontentement. Dans ces moments-là, le Kop Sud sera souvent le porte-parole et dira souvent tout haut ce que la plupart des supporters du LS pensent tout bas.
Comment sont prises les décisions au sein du groupe ? Comment fonctionnez-vous à l’interne ?
Pour moi, il a toujours été important que chaque membre ait son mot à dire, qu’il puisse donner son avis et son impression sur ce qui est fait afin que tout le monde tire à la même corde. Bien entendu, il n’est pas réaliste de penser que tout le monde sera toujours d’accord avec tout, raison pour laquelle les décisions sont prises à la majorité, comme dans toute démocratie. Cette façon de procéder fonctionne assez bien lorsque le groupe est petit. En grandissant, on remarque assez vite qu’il y a des limitations, car plus il y a de monde et plus il y a d’opinions, ce qui ralentit la prise de décision. C’est la raison pour laquelle nous avons des membres « responsables », désignés selon leur expérience et selon leur désir de s’investir pour le bien et l’évolution du groupe. Les décisions ne nécessitant pas forcément la consultation de tout le groupe sont prises entre les responsables. Celles plus délicates peuvent toujours encore être débattues au sein du groupe.
Comment est-ce que les supportrices et supporters du FC Lausanne-Sport peuvent vous soutenir ?
Il y a bien des façons différentes de pouvoir nous soutenir, qu’elles soient financières ou non. Déjà, se rapprocher des groupes au centre de la tribune et de soutenir l’équipe en suivant les chants est un soutien non négligeable et c’est un aspect qu’on apprécie beaucoup. Ensuite, il est aussi parfois possible de venir donner un coup de main lors de la confection des tifos du Kop Sud. Et finalement, d’un point de vue financier, en achetant le matériel qu’on met en vente ou en nous faisant don de la consigne de son gobelet à la fin du match.
Quel regard portes-tu sur le mouvement ultra à Lausanne ? Que ce soit au foot et au hockey sur glace ?
Le mouvement ultra à Lausanne a longtemps été très concentré uniquement au hockey avec la Section Ouest 1993, bien que des groupes à connotation ultra avaient aussi vu le jour à la Pontaise depuis pratiquement une trentaine d’années. Malheureusement, au vu des gros défis à relever au foot, la plupart des groupes n’ont été présents que quelques mois à quelques années, très loin de ce qui est le cas au hockey. Avec la création des Loz Boys il y a dix ans maintenant, la première pierre aura été posée pour la reconstruction d’une tribune durable au foot. Avec l’officialisation d’autres groupes dans la tribune, ainsi qu’au regroupement de tous sous une même bannière Kop Sud Lausanne, je suis persuadé que le mouvement ultra au LS est lancé et prêt à durer.
Cependant, il ne faut pas oublier qu’à l’échelle footballistique suisse, notre tribune reste très jeune et plutôt petite, surtout en comparaison à celle d’autres clubs de Super League. Mais nous sommes encore en construction et, si nous continuons avec nos efforts et à tous tirer à la même corde, je suis persuadé que nous allons créer une tribune capable d’être un vrai boost pour nos joueurs.
Le mot de la fin est pour toi !
Après environ 17 ans à suivre le LS, je peux dire que j’en ai vu des choses. Je ne vais pas trop revenir sur l’aspect terrain, car hormis une saison où le LS a pu se hisser jusqu’en finale de Coupe de Suisse, jouer l’Europa League et les quelques promotions en Super League, il n’y avait pas forcément toujours quelque chose à se mettre sous la dent. J’ai cette impression qu’au LS, c’est soit tout ou rien. Et ce sont souvent des décisions prises par le club qui entrainent ces cycles de bons ou mauvais résultats.
Du côté tribune, j’ai aussi pu vivre différentes époques durant lesquelles différents groupes tiraient la tribune vers le haut. Et à voir la montagne de défis que devaient surmonter les supporters actifs au LS, je tire mon chapeau à tous ceux qui, année après année, n’ont rien lâché. Actuellement regroupés derrière la bâche Kop Sud, les Loz Boys, Tricards, BWFK et autres supporters qui forment le kop ne peuvent que récolter les fruits de l’abnégation de quelques poignées de personnes qui ont maintenu l’espoir de créer une tribune digne de ce nom au foot à Lausanne. Je ne peux qu’espérer que toute autre personne qui se sent supporter du LS dans l’âme se joigne à nous. Elle mettra donc sa pierre à l’édifice d’une belle tribune à venir.
Merci beaucoup à Marko pour sa disponibilité et sa franchise ! Joyeux anniversaire aux Loz Boys et bonne continuation à eux !
Cet entretien clôt une année 2022 très compliquée pour le FC Lausanne-Sport et ses supportrices et supporters. Du côté des Ponthèses, le nombre croissant de lectrices et lecteurs, les commentaires et les nombreux retours positifs sont extrêmement appréciés et représentent une belle source de motivation. Merci mille fois pour votre fidélité et votre soutien ! Passez toutes et tous de belles Fêtes et rendez-vous en 2023 pour de nouvelles aventures, et plus si affinités !
By Védouble.



Une réflexion sur « Entretien avec les Loz Boys »