Au bal masqué oé oé !

Pour ce premier match de la cuvée 2020-2021, le LS reprenait la route de Nyon 45 jours après sa dernière visite à Colovray et la victoire qui nous ouvrait les portes de la promotion. On reprend presque les mêmes et on recommence mais avec un contingent retouché et un nouveau maillot plus que séduisant. Au niveau du dispositif, Contini reste fidèle à son 4-3-3 avec cette fois une attaque inédite composée de Lukembila, Rochat et Turkes.

Je ne vais pas tourner autour du pot. La première mi-temps a été d’un ennui profond. Hormis deux ou trois occasions de part et d’autre, le spectacle proposé a été frugal. J’ai relevé que les nouveaux maillots lausannois sont très résistants. Les Nyonnais ont tiré comme des sauvages sur les chandails lausannois et ces derniers ont vaillamment résisté. L‘épreuve du crash-test est donc atteinte avec aisance. Côté tribune, ou plutôt barrière longeant le rectangle vert, on doit composer avec un nouveau copain qui risque de nous suivre toute la saison. Je parle bien du masque et de l’obligation de le porter. Bien que je sois en mesure de vivre avec ce « poids », c’est en revanche quelque peu encombrant quand il s’agit d’ingurgiter cette pisse sans saveur facturée CHF 4.00 les trois déci’ à la buvette du stade. J’ai donc passé mon tour pour la saucisse, son morceau de pain et son zeste de mayonnaise à CHF 6.00. Débourser 10 balles pour le combo, non merci. En plus, si tu ajoutes le billet de match à 20 (pelouse) ou 35 balles (tribune), tu comprends vite pourquoi les gens ne se sont pas rués à Colovray. Tu viens en famille, ça pique. Je disais donc, le masque. Pour boire, tu peux l’enlever apparemment. Donc autant faire durer le plaisir et s’aérer les joues le plus longtemps possible. Ne me remerciez pas pour le tuyau.

Revenons-en au foot. Sur cette première mi-temps, j’ai vu deux équipes joueuses mais maladroites dans les 30 derniers mètres. Les locaux ont tenu tête aux Lausannois et à ce rythme on se dirigeait tout droit vers des prolongations et le report du souper en famille. En seconde période, je prends de la hauteur et pose mon cul en tribune. Contini fait entrer Zeqiri et Tsoungui en attaque pour entourer Turkes. On doit attendre presque une heure de jeu pour voire une vraie action construite de bout en bout mais, match de reprise oblige, Zeqiri trouve le filet extérieur à 5 mètres de celui-ci. Quand tu vois le but qu’il enfilera sur le 1-2, on lui pardonne volontiers ce manqué à 0-0. Les pensionnaires de Promotion League jouent les coups à fond, regardent les néo-promus dans les yeux et trouvent le chemin des filets à la 72e. Ombala chipe la balle dans les pieds de Flo, résiste au retour musclé de Nanizayamo et s’en va tromper Diaw qui devait s’ennuyer autant que nous. Ouverture du score méritée, tant les Nyonnais se battent et ne se laissent pas intimider par un adversaire qui veut à tout prix imposer son rythme. Sur le moment, je dois vous avouer que je nous voyais pas revenir au score tant le match semblait fermé. Mais c’est sans compter sur ce diable de Turkes qui égalise 60 secondes plus tard. Notre 99 profite d’une belle ouverture de Flo pour ouvrir son compteur personnel. C’est « unàun » et ce sera « deuzàun » une nouvelle fois moins de 60 secondes plus tard. La récupération du ballon est signée Monteiro qui pose un superbe tacle, Puertas (who else ?) passe par là, avale 4 Nyonnais, sert habilement Turkes qui dévie pour Zeqiri et vous connaissez la suite. Un but superbe de celui qui est annoncé un peu partout.

Le coach nyonnais tente le tout pour le tout en passant à 3 défenseurs, c’est « manant ou jamais » se dit-on. C’est sans compter sur la bêtise d’un de ses protégés qui récoltera un rouge un peu concon. Retour à 4 défenseurs et 9 bonhommes sur le pré pour le Watford des bords du Léman. Dans les arrêts de jeu, Bares scellera le score avec sa majestueuse patte gauche. Quel joueur, quelle classe ! S’il part du club, je rends mon appartement, vends ma voiture, quitte ma copine, vide mon compte et pars ouvrir un bar à cocktails bio sur une plage.

1-3 score final. On passe ce tour et c’est le plus important, tant ce match puait le traquenard à plein nez. Je relèverai la belle prestation musicale des 2 supporters locaux. Entre celui qui tapait comme un sourd sur son tambour et l’autre qui hurlait dans son mégaphone pendant 90 minutes, j’ai eu le temps de saigner de l’oreille (deux fois) et le sang a même coagulé assez rapidement. Les gars, si vous me lisez, j’ai trouvé votre initiative très sympa, mais j’ai envié Van Gogh au bout de 5 minutes.

Encore une annonce, cette fois-ci au sujet des corners à deux. Déjà que c’est complétement insupportable, alors si en plus on ne sait pas les tirer correctement, est-ce possible d’exploiter d’autres pistes ? Mon voisin, qui se reconnaîtra, m’a habilement glissé « ces corners à deux, c’est le cancer du foot ». J’espère que Contini l’a entendu.

Je termine cet article sur une note positive. Quel match de Puertas mes zamis ! Quelle débauche d’énergie, quelle lucidité de tous les instants et quel joueur, tout simplement. C’est comme François Pignon qui dit « on ne passe pas ! ». Puertas tu le mets à la frontière ou dans l’espace aérien (référence aux votations : check), tu es certain que personne ne passe. J’ai beaucoup aimé la solidité de Nani et Monteiro en défense centrale face à la rapidité des offensives adverses. Enfin, on voit que la relève est là avec Rochat et Monteiro (frère de), tous deux issus des M21. On se réjouit de les revoir.

Rendez-vous ce dimanche pour le test grandeur nature contre Servette.

By Védouble.

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