Aussi Wil que possible mais aussi lentement que nécessaire.

Sous une pluie fine qui rappelle une fin d’été galloise, le Lausanne-Sport s’est fait plaisir pour sa dernière sortie de la saison. Une saison qui, on le rappelle, aura duré depuis plus de 365 jours. Et oui mes braves, cet exercice a débuté un samedi 20 juillet 2019 à Schaffhouse. Il aura donc fallu attendre une année complète pour emballer et peser cette saison qui aura connu bon nombre de rebondissements. Au même titre que le boucher qui nous en rajoute un peu plus sur la balance, on a pris et repris du football depuis la mi-juin.

Face à un FC Wil qui nous a offert un joli cadeau en faisant un habile croc-en-jambe aux Sauterelles lors du match à rattraper de la 30e journée, il s’agissait surtout de terminer cette saison en beauté, en prenant un maximoume de plaisir et, si possible, en effaçant l’ardoise du dernier match à domicile. Ce sera chose faite, avec la manière et les cheveux colorés.

Les visiteurs se sont déplacés à la Pontaise pour jouer à fote et non pas pour glander. On a eu des doutes quand on s’est rendus compte que leurs chaussettes rappelaient étrangement l’orange éclatant cher à la Protection Civile de notre beau Canton. Et bien non. C’est étrangement le LS qui a commencé son match par une pause. En effet, Wil ouvre le score sur sa première opportunité et ce malgré un début de match plutôt (Mickey appréciera) à l’avantage des Lausannois. Une fois la tranche de pain mi-blanc et les carrés de chocolat avalés, les joueurs de Contini réagissent par l’intermédiaire de Zeqiri sur corner. C’est « unàun ». Notre tour de contrôle avec ses pattes d’araignée doublera la mise moins de 10 minutes plus tard suite à une très belle ouverture de Zeqiri. Et bim, 22 buts cette saison pour AT. Ce diable de Duah inscrit ensuite son second but de l’après-midi et permet à son équipe de revenir à « deuzàdeux ». Dommage pour Nanizayamo qui s’est fait tourner autour par Vonmoos. Seule ombre au tableau sur cette fin de saison pour notre numéro 37. J’y reviens plus bas.

Juste avant la pause, Chrigu redonne un avantage d’une longueur aux Lausannois sur une magnifique frappe lointaine. Encore une fois, il est utile de rappeler le très bon travail en pivot de Turkes. Cette première période se termine sur un avantage mérité pour le LS. Nous ne sommes en revanche pas passés loin d’un tout autre scénario si Ndoye n’avait pas effectué un retour salvateur peu avant le but de Chrigu. Sans cette intervention du futur Niçois, nul doute que Wil aurait trouvé le chemin des filets. Je ne prends pas trop de risque en affirmant que ce geste est le tournant du match.

Pour la seconde période, voici une liste non exhaustive des faits marquants :

– L’entrée de Bares qui jouera en défense centrale de la 45e à la 85e environ. Il reprendra son poste de prédilection au milieu du terrain pour 5 petites minutes seulement. Quelle classe, quelle aisance et quel pied gauche ! Pourvu qu’il reste. A vérouiller sur le long terme.

– La prestation 5 étoiles de Puertas. L’homme aux 4 poumons a prouvé à tout le monde qu’il faudra compter avec lui en Zuperlik. Jamais fatigué, omniprésent tant défensivement qu’offensivement, notre « ch’velu » a récupéré un nombre incalculable de ballons et nous a régalés avec de jolis gestes techniques.

– La titularisation de Da Silva. Longtemps écarté du groupe à cause d’une pubalgie, DDS a pu se faire plaisir une dernière fois. En effet, on apprenait plus tard qu’il ne serait pas prolongé. Tout comme Pasche et Nganga. Peut-être éventuellement quoique fautif sur la praline de Fazliu, sa responsabilité n’est pas engagée sur les deux autres buts du FC Wil. Belle dernière sortie pour lui.

– Ndoye termine sur une très bonne note. Auteur d’un match solide, il s’est offert le luxe de scorer pour sa dernière sortie à la Pontaise sous le maillot du Louozanne. On passera toutefois sous silence sa fausse touche de la 66e. Je n’avais plus vu cela depuis mes folles années en Dà7. Blague à part, gros match de sa part, tant défensivement (sic!) qu’offensivement.

– Zeqiri et son doublé. Sur le 5-3, Puertas (encore lui, il est partout suiçi) s’arrache pour récupérer un ballon dans les pieds d’un adversaire, sert Kuki qui met en évidence notre numéro 9. Suite au but, Flo pointe immédiatement du doigt Puertas à juste titre. Son travail de l’ombre a le poids d’un but, voire même de plusieurs sur ce match.

– Turkes et son jeu en pivot. Au contraire de Zeqiri qui cherche (presque trop) souvent à marquer (ce qui peut parfois agacer quand tu vois qu’il a 2 ou 3 coéquipiers libres de tout marquage), Turkes s’appuie systématiquement sur un copain, cherche la passe ou la dernière passe. A relever également qu’il se couche sur un dégagement adverse à mi-terrain à la 72e alors que le tableau d’affichage affiche 5-3. On aime. Sous cette pluie fine, on s’est soudainement cru en Championship. C’mon !

– Schmidt et sa fougue. Pourvu qu’il reste lui aussi. Il aurait mérité de marquer mais son tir a fini juste à côté. Au même titre que Bares, il représente l’avenir et fait preuve d’un comportement irréprochable sur le terrain. A signer et vérouiller.

– L’entrée en fin de match de Loosli qui récompense son très bon travail, son attitude exemplaire et son professionnalisme irréprochable suite à sa blessure. Quel bonheur de le revoir sur le terrain !

– Nganga, dans son style qui lui est propre, a fait le job et c’est ce qu’on lui demande. Solide et sobre pour son dernier match en bleu et blanc.

– Petit bémol : la suspension de Pasche suite à son 4e carton jaune récolté à Nyon contre le SLO. On aurait aimé le voir sur le terrain pour sa dernière sous le chandail lausannois. On garde néanmoins en tête son dernier but à Nyon lors de son ultime sortie vêtu de ce maillot qui lui va à merveille.

Au final, nous sommes promus au sortir d’une saison des plus atypiques. Avec 22 victoires, 7 nuls et 7 défaites, le bilan est plus que satisfaisant. A cela s’ajoute une différence de buts de +48, avec en sus la meilleure attaque et la meilleure défense. Au niveau des points, le LS compte 9 unités d’avance sur Vaduz et 12 sur GC. Avec 73 points au compteur, les Lausannois affichent une remarquable moyenne de plus de 2 pts par match. Et si l’on se penche sur les statistiques personnelles, Turkes comptabilise 22 buts pour 5 assists, Zeqiri 17 buts pour 8 assists. 39 buts à eux deux, ce qui est tout simplement remarquable. Pour compléter le « podjoume », je tire aussi mon chapeau à Kuki et ses 15 assists. Sur cette saison, nous avons donc également les 2 meilleurs buteurs et le meilleur passeur de la ligue.

En 2019/2020, le FC Lausanne-Sport a vissé son cul sur le fauteuil de leader depuis la 4e journée pour ne plus le quitter. Nonobstant une baisse de régime suite à la pause forcée, le LS a maintenu le cap, fait ce qu’il avait à faire et sans paniquer. Ce n’était pas une mince affaire, tant GC semblait revenir de nulle part et Vaduz prenait un malin plaisir à jouer les invités surprises. Et ce malgré notre confortable avance. In fine, nos joueurs n’ont pas tremblé dans la dernière ligne droite. J’avoue avoir eu quelques sueurs froides en subissant la torture argovienne et leur retour des ténèbres, en voyant GC aligner les victoires avec en plus un Chagas et NBK en pleine bourre. Mais ce n’était qu’un feu de paille. L’essentiel c’est Lausanne. Un Lausanne qui, grâce à la profondeur de son banc, a tenu et obtenu une promotion amplement méritée. Mention spéciale à nos anges gardiens, aux habituels titulaires mais aussi aux remplaçants à qui je rends un petit hommage ici. Je pense notamment à Gétaz, peu aligné mais qui s’est à chaque fois battu comme un lion. Nanizayamo m’a aussi énormément plu. Il a su répondre présent et mettre son égo de côté. Pour ceux qui l’auraient oublié, il n’a été que très peu aligné depuis son arrivée et a davantage joué avec les M21. Les M21, parlons-en. Bares et Schmidt, quel bonheur. Ces jeunes ont faim, sont talentueux et n’ont peur de rien. En les regardant jouer, on peine à croire qu’ils évoluent habituellement au 4e échelon national. Enfin, j’ai également à cœur de souligner la très belle saison de Koura. En dépit d’un temps de jeu limité, il a tout de même enfilé 7 buts. Soit deux de plus que Ndoye. Cette promotion a donc été cherchée en équipe, avec un groupe homogène, des joueurs du cru et, gâteau sous la cerise, des statistiques plus que réjouissantes.

By Védouble.

Salutate la capolista !

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