À toute vitesse, direction la Super League!

Avant d’entrer dans le vif du sujet et une analyse pointue de cette partie de football, il me semble indispensable de répondre à une question-clé dans le microcosme du ballon rond en Suisse. Mais qui, diable, finance l’achat de ces sublimes chariots publicitaires à l’effigie de la SFL qui viennent se placer derrière les joueurs lors de la présentation des équipes ? Figurez-vous que cette question nous taraude depuis un certain temps. Il nous aura fallu attendre ce derby lausannois joué sur la Côte pour trouver une réponse et pouvoir, enfin, passer à autre chose. Merci au sympathique steward d’avoir su éclairer notre lanterne. Eh bien, ce n’est pas à la charge des clubs des deux championnats professionnels helvétiques mais un outil de travail fourni grâcieusement par la Swiss Football League. Vous avez toutes et tous bien fait de vous lever ce matin.

Trêve de plaisanterie, entrons rapidement dans le vif du sujet. Grâce à un magnifique coup de main de nos collègues zürichois, le LS avait, ce jeudi 30.07.20, près de neuf orteils (à prononcer orteuilles comme à Fribourg) et demi en Super League. En effet, bien qu’ayant galvaudé misérablement une occasion de célébrer un retour tant attendu en LNA devant son public, le LS a préféré garder un certain suspense et faire durer le plaisir encore un match. Contre son adversaire du soir, les lausannois n’avaient besoin que d’un petit point pour accéder à l’échelon supérieur. Soit un vulgaire 0 à 0 par exemple.

Grâce à la vivacité de mon collègue Védouble, nous avons eu la chance d’obtenir un 100e des billets disponibles pour ce match décisif. Accompagné de l’un de nos fidèles camarades, nous prenons la direction de la ville la plus rapide de Suisse pour venir se caler en tribune VIP du Centre sportif de Colovray. Affalés sur la barrière juste à la droite du banc lausannois, cela nous permet d’assister à ce match avec un point de vue privilégié et proches de l’action. Nous sommes également postés juste devant la buvette ce qui, d’un point de vue stratégique, est une action rondement menée.

Malgré la très forte probabilité que nous puissions célébrer la promotion le soir même, les récentes sorties du LS ne nous inspirent pas confiance. Nous nous doutons aussi que les Stadistes ont très envie de tenir tête à leurs compatriotes du nord de la Ville en venant jouer les trouble-fêtes en ce match particulier. Du côté du LS, le divin chauve nous a concocté un 11 de départ passablement remanié au regard des matchs précédents. Dans les goals, Castella retrouve sa place de titulaire en lieu et place d’un Mory Diaw qui n’aura pas démérité. En défense, Gétaz est aligné en remplacement du viking Per-Egil Flo, extrêmement décevant sur les deux dernières parties. Enfin, je suis subjugué par la triplette proposée par GC au milieu de terrain. Exit Krigu et Kuki, place à Gabriel Bares et Isaac Schmidt en soutien du Ngolo Kanté du 1010, Cameron Puertas et ses 8 poumons.

Le match démarre fort puisque les deux équipes appliquent un pressing intense sur les défenses adverses. Stade Lausanne ne fera pas la moindre faveur à son adversaire du soir. Durant les premières minutes, on peut pencher pour un match cadenassé durant lequel le LS aura fort à faire pour trouver le chemin des filets. Isaac Schmidt nous fait une très bonne impression en se montrant dangereux à plusieurs reprises. Il se créée même une magnifique occasion de but aux alentours de la 10e minutes mais manque malheureusement de réalisme. Quelques instants plus tard, sur un magnifique corner botté par l’élégant Bares, un joueur du SLO vient dévier le ballon dans ses propres filets. 1 à 0 pour le LS. Ce but donne l’impression de libérer les lausannois de la pression de ce match et l’équipe se montre percutante, offensive et volontaire dans l’effort. Malgré quelques actions dangereuses des deux côtés, le score en reste là au bout des 45 premières minutes.

Au retour des vestiaires, Zeqiri et Oliveira remplacent Turkes et Ndoye. Coaching intelligent de Contini car les deux entrants amènent une fraîcheur bienvenue ainsi que de la percution dans le jeu lausannois. Pendant que je commande 3 bières, Boranijasevic envoie une mine ras-de-terre pour doubler la mise et inscrire son deuxième but de la saison. Par la suite, AZ décale Alexandre Pasche qui vient marquer le 3e but pour le LS, but qui doit le rassurer tant il a manqué de chance lors du match contre le FC Vaduz. En toute fin de match, notre chouchou, Nicolas Gétaz, plante le but qui m’aura fait perdre mon pronostic d’avant-match sur l’application du LS. Nico, tu me dois des points dedieu !

Autant j’ai passablement craché sur les récentes prestations médiocres du LS, autant ce derby aura prouvé que les joueurs lausannois ont su avoir le sursaut d’orgueil nécessaire pour ne pas louper l’offrande des Sauterelles et valider leur promotion en Super League. L’équipe a fait preuve de volonté et de fierté pour aller chercher un résultat bien au-delà du minimum syndical attendu. Chose qui peut être assez rare à Lausanne.

Avant de clore cette tirade, je souhaite m’adresser à INEOS et à toute la direction sportive du LS : « Messieurs, vous bénéficiez d’un vivier de jeunes joueurs formés au club avec un talent certain. Nombre d’entre eux ont répondu présents lors de la reprise post-COVID comme des alternatives plus que crédibles aux « cadres » habituels. Ne gâchez pas cette chance en recrutant à tire larigots en vue de la saison prochaine. Puertas, Bares, Schmidt, Zeqiri et j’en passe doivent avoir la chance de prouver leur valeur au plus haut niveau. Merci d’avance ».

PS : tout mon respect à Nicolas Gétaz qui, en plein match, dit « merci ! » au ramasseur de balle.

By Pierre Eggli.

SLO-LS, 30.07.2020

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