Lors de son précédent compte-rendu, mon acolyte, Védouble, avait fait l’éloge de Julien Lepers et de son mémorable « Question pour un Champion » narrant, ainsi, la victoire mythique du FC Lausanne-Sport contre son homologue zurichois. Cela tombe à pic car le chiffre 4 et le champ lexical lepersien semblent coller à merveille avec l’univers actuel autour du club lausannois. Voyez plutôt. Ce déplacement en terres princières était le premier d’une série de 4 matchs tous plus importants les uns que les autres, série au-cours de laquelle le LS devrait se voir officiellement couronner champion de Brack.ch Challenge League.
Après cette probante victoire arrosée contre les Sauterelles, il ne manquait aux joueurs lausannois que 4 petits points (encore…) pour valider leur montée en première division. Surfant sur la vague de cette victoire ô combien décisive, Georges Contine reconduit son 3-5-2 façon Juvintusse de Turin mais avec de nombreux changements au niveau des joueurs présents sur le terrain. On notera la titularisation de plusieurs joueurs issus de la formation vaudoise, avec Schmidt comme piston droit, Cameron Puertas en milieu récupérateur et notre crack offensif Zeqiri devant. Le microcosme de la planète football vaudoise est en pleine ébullition depuis quelques jours suite au changement de gardien dans les cages lausannoises. En effet, notre ange gardien, Thomas Castella, a perdu sa place de titulaire depuis maintenant 3 matchs au profit de son pendant, Mory Diaw. Parmi les suiveurs les plus avertis, ce changement peut être assimiler à un mini-tremblement de terre tant Castella avait prouvé sa valeur, son attachement au club et son importance dans l’équipe depuis des lustres. Là où l’analyse du supporter vaudois moyen s’arrête, c’est lorsqu’il s’agit de réfléchir factuellement. Mory Diaw sort de 3 matchs pleins, soldés par 9 points et aucun but encaissé. Au-delà de ces statistiques chiffrées, il m’a également semblé apporter de la sérénité à ses défenseurs et proposer un jeu de relance tout simplement succulent. Selon moi, c’est donc en toute logique que GC a réitéré sa confiance en le titularisant à nouveau contre le FC Vaduz. Par contre, je pense que vous n’en avez rien à cirer de mon avis savant sur la question. Place au jeu !
La partie démarre fort car les deux équipes semblent vouloir gagner et se créent chacune une occasion de but. Malheureusement, le rythme se tasse rapidement et l’on sent bien que tant les lausannois que les joueurs princiers n’osent pas (ou peu) prendre de risques inutiles. Par deux fois, en milieu de première mi-temps, le LS joue à se faire peur par des pertes de balles dangereuses dans sa moitié de terrain. Dans les deux cas, nous pouvons compter sur la vitesse de Monteiro et les retours de Flo pour éviter le pire. Côté lausannois, la première goutte de sueur froide a commencé à couler sur mon front peu avant la pause. Kuki adresse une magnifique louche en profondeur pour Koura qui buttera malheureusement sur une version bis de Ndoye dans les buts de Vaduz.
En deuxième mi-temps, Contini fait rentrer la tige à moustache et Krigu Schneuwly pour donner un peu de peps à son équipe. Bien lui en a pris car à la 55e minute, après une magnifique combinaison entre Dominguez et Turkes, ce dernier vient crucifier Marcel Ospel pour marquer le 1 à 0. Soyons tout à fait honnêtes, je pensais que le plus dur était fait et me préparait déjà à fêter la promotion vendredi. Malheureusement pour tous les lausannois, Vaduz marque deux buts coup sur coup sur des balles arrêtées. On savait la force de cette équipe sur ce genre d’action. La fin de match nous aura fait perdre 10 ans de vie (en enlevant encore les 20 ans de vie du match précédent, il ne nous reste plus grand chose). Pasche a deux occasions splendides pour recoller au score et faire basculer le match. Deux magnifiques actions qui se soldent malheureusement par des frappes trop croisées. Retenons le positif, Pasche mérite sa chance et l’a encore prouvé ce soir. Il ne lui manque plus qu’un brin de réussite. Dedieu!
Le LS s’incline donc sur le score de 2 buts à 1 contre un FC Vaduz aussi réaliste qu’opportuniste. Notons que même la Pontaise réussit à jouer à guichets fermés pendant le COVID. Au Rheinpark, les 634 malheureux spectateurs sont une parfaite vitrine de la passion footballistique qui doit régner au sein de la Principauté.
Avant de conclure ma tirade, j’ai envie de tirer un seul coup de gueule. Dan Ndoye avait tout pour réitérer son miracle du match précédent. Idéalement placé (et servi) dans les 16 mètres, sa frappe totalement hors du cadre hante encore mon esprit. Il avait une balle de promotion dans ses pieds. Bien qu’il ne faille pas uniquement cliquer simultanément sur R1 et rond pour enrouler sa frappe, cela me semble tout à fait à la portée d’un joueur aussi talentueux et qui vise la Ligue 1 dès la saison prochaine. Mais bon. Nous sommes toujours meilleur par après.
GC ayant sorti un match de derrière les fagots contre le FC Chutes du Rhin, il faudra un miracle pour arracher les sièges de la Pontaise vendredi soir. Restons concentrés et continuons à produire un jeu simple et efficace. Allez le Lausanne. #yapasplusfort.
By Pierre Eggli.