– « Top ! Joueur de 29 ans né à Yverdon, je porte le numéro 30 dans le club phare du Canton. »
– « La Mer Noire ? »
– « La Mer Noire c’est non. »
– « De nationalité norvégienne, je signe en juillet 2018 en provenance du Slavia Prague. »
– « C’est la Mer du Nord ? »
– « Non, ah non. Je signe un magnifique but dans les derniers instants de la rencontre face à GC ce vendredi 17 juillet 2020. Je suis, je suis ? »
– « Dan Ndoye ! »
– « Ah oui, oui oui oui oui ! Ça c’est beau ! Vous repartez avec 3 points de plus au classement et pour vous le perdant, cadeau. »
– « Cher perdant, vous remportez un guide des 50 plus belles ballades gourmandes de la Somme ainsi que 5 encyclopédies retraçant l’Histoire du département d’Ile-et-Vilaine ».
Pour être totalement transparent avec vous, mon acolyte et moi-même avons dû faire l’impasse sur ce match face aux Sauterelles à la Pontaise. En effet, nous fêtions les 30 ans d’un ami. Un indice chez vous qui s’affiche à l’écran « Bamee Bar ». Alors certes, il y avait la télé me direz-vous. Toutefois, entre les 12’000 Singha et les 245 tournées de shots (l’audit est en cours auprès d’un éminent cabinet de la région), je suis tout simplement incapable de vous narrer cette partie avec l’analyse et le recul habituel. Et ce bien que mes yeux aient été rivés sur l’écran. Mais, comme Les Ponthèses ne reculent devant rien, cet article fera surtout l’objet des faits marquants de la rencontre.
Pour commencer, j’ai envie de souligner l’intelligence de Contini dans l’élaboration de son 11 de départ. Bien que Castella soit notre ange gardien et quand sans lui (comme d’autres, on s’entend) on ne serait pas aussi efficace en défense, Diaw mérite amplement de se faire plaisir sur le pré. 3 rencontres, 3 victoires et 3 clean sheet pour lui avant le match du soir. Sans oublier qu’il a été décisif à plusieurs reprises et colle parfaitement à l’ADN de cette équipe. Quel coup de maître de l’avoir prolongé après son CDD de 6 mois. En défense toujours, je suis content de voir Nanizayamo débuter la rencontre. Après une solide prestation contre Kriens, l’ex-joueur de Tours gagne énormément de duels, ne panique jamais balle aux pieds et sa première passe est souvent réussie. Et, cerise sur le gâteau, l’entente avec Monteiro a l’air de fonctionner.
En face, les Zurichois se présentent à la Pontaise dans leur 4-2-3-1 habituel avec l’insupportable Chagas en pointe. L’ancien joueur de Servette a tenté de tromper le quatuor arbitral avec une prestation artistique digne des plus grandes comédies musicales. Petit, très petit. Et Monteiro, très intelligemment, n’a pas réagi. Ce même Monteiro qui, plus tard dans le match (je crois bien que c’est plus tard), posera un tacle absolument salvateur qui envoie la frappe de cette danseuse de Chagas en corner. Cela s’appelle le Karma (do foutchibaou do Brasil). Merci, Elton.
Alex Pasche remplacera Geissmann, sorti sur blessure. Très belle entrée de notre numéro 14 qui, avec sa grinta et sa rage, fait toujours un bien fou au milieu. Si vous chercher « Pasche » dans le dictionnaire, « mouiller le maillot » apparaît en gras et majuscule. Un guerrier comme on les aime.
Et comment oublier ce but ? Durant le repas, mon très cher Pierre Eggli me l’a répété maintes fois avec en bonus des relents de bières et de fondue « imagine hips si on barque dans les dernières binutes du batch ». Dans l’intervalle, l’inégalable Marco Reymond m’indique subtilement qu’il enfile son maillot bleu et blanc pour faire tourner la partie. Alors je vous laisse imaginer le bordel sans nom lorsque Ndoye torpille le filet adverse et Lepers. Le buzz dans les dernières minutes provoque l’hystérie chez notre hôte du soir. Certes, la frappe est déviée. Mais de vous à moi, elle aurait pu être déviée 15 fois, j’aurais signé la même chose. Et à deux mains. On a la réussite du leader, profitons-en. Ce but fait non seulement un bien fous, mais récompense un travail d’équipe durant 90 minutes. En parlant d’équipe, j’ai envie de souligner la très belle prestation des onze titulaires et des joueurs entrés en cours de rencontre. Face à un GC avec le vent dans le dos et une réussite de cocu depuis la reprise post-COVID (de merde), il fallait sortir le match parfait pour ne pas repartir à la maison la queue entre les jambes. Nul doute qu’une défaite lausannoise aurait pourri la fin de saison. Gott sei dank, il n’en a rien été. GC laisse la main au LS pour ce sprint final. Cette 4e victoire consécutive cristallise le regain de forme des joueurs lausannois. Attention, rien n’est terminé. Un autre match très difficile attend nos joueurs demain à Vaduz. Il en reste donc quatre. Pour un nouveau quatre à la suite ? A titre personnel, je me contente d’un « 9 points gagnants » lors des prochains « face-à-face ».
« Sei bella come un gol al 90’ ! »
By Védouble.