Ach, au secours !

C’est bien la première fois de ma vie que je me lève avec la gueule de bois alors que mon souper de la veille se composait d’une salade, d’un verre d’eau et d’une demi-bière. Merci qui ?

Tout avait pourtant si bien commencé. Notre Georges Contine national nous sortait un 4-2-3-1 pour la première fois de la saison. Enfin, j’ai presque envie de dire. S’entêter à garder le même dispositif alors que certains joueurs clés qui composent ledit dispositif et en faisaient un schéma gagnant sont absents, ça en devient pénible. Au lieu de disposer ses pions autrement et ainsi éventuellement surprendre son adversaire, Djordjô a (trop) souvent conservé un 4-3-3 certes efficace, hélas toutefois pas compatible avec l’ensemble du contingent. Revenons à nos moutons, ou chèvres. La défense centrale est plus qu’expérimentale avec Nganga et Nanizayamo qui est allé se faire coiffer à Marly-Gomont. Isaac Schmidt est titularisé pour la première fois de la saison et Chrigu se positionne en numéro 10 derrière notre pointe Zeqiri. Les présentations sont faites, passons aux faits marquants de ce spectacle d’humour.

Le LS commence très bien sa rencontre, quadrille le terrain proprement et se montre entreprenant. A l’aise dans le jeu, les visiteurs tentent de belles choses, combinent à merveille et se montrent dangereux à plusieurs reprises. Sur un centre de Flo, Zeqiri retrouve enfin le chemin des filets et ouvre le score de la tête ! Flo a eu le temps de lacer ses souliers avant de centrer et Zeqiri s’est fait prendre en photo par son adversaire direct. Pendant 20 minutes, le bloc lausannois empêche les Argoviens de se montrer dangereux. Schmidt cuisine ses adversaires sur son aile, n’est de loin pas à côté de la plaque et se montre très tranchant. Sauf que, Aarau profite d’un léger essoufflement lausannois pour s’installer dans le camp adverse. Le 1-1 tombera comme un fruit mûr à la 25e. Suite à une belle occasion manquée par Zeqiri, les locaux partent en contre et égalisent sur une frappe de loin. Balaj a eu tout loisir d’avancer, lever la tête, saluer ses amis dans le public, choisir un côté, tirer et tout ça sans la moindre pression adverse. Lausanne reprend l’avantage sur une frappe déviée de Chrigu, qui peut remercier le latéral argovien pour sa passe suicidaire. On ne rigole pas, Oliveira fera la même plus tard… 1-2 à la pause, un LS globalement à son affaire, un Schmidt très intéressant et, surtout, une équipe qui a su réagir suite à l’égalisation.

La pause se déroule en musique avec le fameux You’ll Never Walk Alone. Sur le moment, j’ai ri. A la fin du match, j’ai eu une pensée pour mes potes milanais un soir de 2005. La seconde période débute avec le virevoltant Schmidt qui provoque un coup-franc que Kuki transforme magistralement. 1-3 à la 47e, il y a de quoi être confiant. D’autant plus qu’Aarau ne joue plus rien dans ce championnat, qu’on sait que GC a gagné et qu’une victoire nous pousse à +8. Et, sans compter que l’équipe joue bien, la défense est solide et l’attaque se crée des chances de creuser encore plus l’écart. Mais comme le LS hier soir, mon travail s’arrête ici, après un peu moins de 60 minutes de jeu. Le score final vous le connaissez et vous avez vu Titanic, Knie ou encore un gala de Patrick Sébastien. Et bien vous mettez le tout dans un mixeur, vous mixez, servez froid et vous pourrez déguster la dernière demi-heure du match d’hier.

Je souhaite terminer ce récit sur un coup de gueule. En espérant que les joueurs me lisent, mais je doute. Ils sont certainement obnubilés par leur Instagram ou leur saison 2020-2021 dans un nouvel environnement. Comment est-il possible de sombrer de la sorte après 50 minutes de jeu et 2 buts d’avance ? Scorer juste avant et juste après la pause aurait dû mettre l’équipe sur de bons rails et assommer Aarau qui, je le rappelle, n’a plus rien à jouer. Quand on est leader, on doit se comporter en leader durant 95 voir 100 minutes. Pas s’arrêter comme des personnes immatures en pensant que c’est fait. Et c’est ça la grosse erreur cette saison. On s’appuie sur un 11 plus qu’efficace, on creuse un écart abyssal avec qui plus est une différence de but plus qu’importante et en jouant bien. Le revers de la médaille me direz-vous ? C’est que les joueurs se sont vus trop beaux. A force de « prendre match après match », « rien n’est fait » ou encore « concentrés jusqu’au bout », je suis persuadé qu’ils pensaient déjà avoir fait le plus dur. A l’image de ce match merdique. Une saison se joue à fond et du début à la fin, comme les matchs. En s’arrêtant de jouer quand il croit que plus rien ne peut lui arriver, ce LS va devoir rendre des comptes. Et le pire dans tout cela, c’est l’absence totale de révolte. Comme on entend tout avec ces matchs à moins de 1000 personnes, on a également rien entendu du côté lausannois. Pas un type qui pousse une bouélée, pas un qui encourage ses potes et qui prend les commandes. Niveau communication, on dirait une équipe de muets, sourds et aveugles à Fort Boyard. Le navire lausannois a pris l’eau et les types ont sorti les violons. Je ne peux m’empêcher d’être en colère quand je vois Contini avec un rictus à l’interview, quand je vois Oliveira foirer sa relance, Gétaz qui entre en jeu et commet des fautes bêtes alors qu’il reste moins de deux minutes à jouer, Flo qui veut partir seul balle aux pieds, perd cette même balle et revient au petit trot alors qu’Aarau se déploie en contre. La semaine prochaine on reçoit Chiasso et Schaffhouse. Et là je m’adresse aux joueurs : prenez vos responsabilités, respectez vos fans, votre adversaire, jouez du début à la fin et prouvez à tout le monde que ce n’est qu’une mauvaise passe. Vous avez la chance de faire bouger les choses mardi déjà. Faites votre job, vous êtes (trop bien) payés pour.

Malgré ma frustration et mon énervement, je n’ai guère envie de passer sous silence la prestation 5 étoiles de Castella. Notre ange gardien a encore prouvé qu’il est l’homme de la situation. Comme à maintes reprises cette saison, il a permis à son équipe de rester dans le match grâce à ses arrêts réflexes. Isaac Schmidt m’a vraiment plu. Vif, technique et en confiance, le jeune numéro 33 s’est montré à son affaire, a su porter le danger dans les 30 derniers mètres averses avec de jolis dribbles et un sang-froid digne des plus grands lorsqu’il s’agit de distribuer une dernière passe. Enfin, même si Zeqiri aurait dû en mettre 4, on retient son doublé. Muet depuis novembre, on espère que ses deux buts le remettent sur la bonne voie.

Allez Lausanne, bordel.

By Védouble.

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