Mon SaLO, on n’est pas encore promus.

3 matchs, 2 points. Tel était le bilan famélique du Lausanne-Sport avant d’aborder ce derby capital (ou de la capitale, c’est selon) en vue d’une hypothétique promotion en Super League. Sur le papier, ce match devait permettre aux lausannois du nord de se relancer et de reprendre un peu d’avance sur les autres prétendants à la montée en première division. Les bookmakers nous donnaient confiance en cotant une victoire du SLO à plus de 7. Au final, les pronostiqueurs audacieux ne sont pas passés loin du jackpot. De notre côté, la dépression nerveuse nous aura nargués durant de très
longues minutes.

La tâche s’annonçait ardue avant même le début du match. Giorgio Contini a dû composer son équipe en tenant compte des nombreux absents du côté bleu et blanc. Voyez plutôt. Zeqiri et Dominguez sont suspendus pour avoir été un peu trop gourmands en biscottes. Nganga est mis au repos. Quant à Loosli, sa saison est d’ores et déjà terminée. Les absences en défense centrale
permettent au jeune Gabriel Bares de débuter le match au côté d’Elton Monteiro.

Dès l’entame de la partie, l’équipe du LS semble totalement tétanisée. Les joueurs balbutient totalement leur football. Il faut près de 10 minutes de jeu pour voir une vraie présence lausannoise dans la moitié de terrain adverse. En partant de ce postulat, tout spectateur de la Pontaise a dû se dire que la première période allait être longue. Très longue. D’autant plus qu’à la 25e, notre bomber attitré se blesse à la cheville et doit laisser sa place à Koura qui n’a pas l’habitude de jouer son rôle de joker de luxe aussi rapidement dans le match. Aux deux tiers de la première période, Ndoye est le premier lausannois à se montrer « dangereux » mais bute sur le gardien du SLO. Le score reste aussi nul que vierge. Pour résumer ces 45 premières minutes de jeu, les joueurs de Contini ont principalement montré des capacités incommensurables à jouer vers l’arrière et une impuissance flagrante lorsqu’il s’agit de mettre en place leur système de jeu. Les limites tactiques de GC semblent (re)pointer le bout de leur nez. Le dispositif lausannois est stéréotypé. L’équipe semble n’avoir que trois approches différentes pour percer la défense adverse, en partant à chaque fois de notre métronome Kuki. Malheureusement pour le LS, lorsque l’adversaire bétonne en défense comme Orllati sur les chantiers romands, l’équipe semble rapidement désemparée.

Les 22 acteurs ont à peine entamé la deuxième période qu’un frisson traverse la Tribune Nord d’une Pontaise sur le point de s’endormir. Notre ange gardien réalise un double arrêt aussi extraordinaire qu’inespéré et on passe à deux doigts du drame. On vient d’assister bouche-bée au tournant de ce match terne au possible. Le LS semble enfin se sortir les pouces du c** et l’opposition prend enfin une tournure un peu plus dynamique avec plusieurs occasions manquées, dont un magnifique une-deux entre les jeunes Ndoye et Schmidt. Le match se termine sur un pénalty non sifflé pour une faute dans la surface sur ce même Ndoye. Bien que révoltés sur le moment, on se dit, avec le recul, qu’une victoire 1 à 0 et sur pénalty aurait été cruelle pour SLO et totalement imméritée pour le LS.

Une fois n’est pas coutume, essayons de retenir le (très peu de) positif de cette pénible soirée aux Plaines-du-Loup. En premier lieu, j’ai envie de souligner la performance majuscule de Gabriel Bares qui a démontré toute l’étendue de son talent à un poste qui n’est pas le sien habituellement. Il dispose d’un pied gauche plus qu’intéressant bien qu’il soit encore un peu léger pour prétendre à
une place dans le 11 de départ. Un peu plus de temps de jeu pourrait l’aider dans ce sens, non ? ABE GC. Ensuite, que dire de Thomas Castella ? Encore une fois, nous avons la chance d’avoir un portier qui, le jour de son 27e anniversaire, nous a sauvés à plusieurs reprises d’une possible déconvenue face au néo-promu. Merci Thomas ! Enfin, quel ne fut pas mon plaisir de voir évoluer Pasche durant plusieurs dizaines de minutes, lui qui était totalement oublié par son entraîneur avant le break COVID-19. Il démontre depuis quelques matchs qu’il est plus qu’utile dans le tournus de l’effectif lausannois.

Les semaines anglaises depuis la reprise du championnat mettent malheureusement en lumière les difficultés sur le plan physique pour certains joueurs. Enchaîner les matches après plus de 3 mois de pause forcée n’est pas chose aisée. Cela se traduit par des prestations médiocres de certains top players de l’équipe. Kukuruzovic semble au bout du scotch et n’a plus l’influence qui était la sienne en première partie de saison. Monteiro traîne son spleen sur le terrain et commet trop d’erreurs de placement. Bien qu’il
ait été à la conclusion de la plupart des actions lausannoises, Ndoye peine à être aussi décisif qu’on peut légitimement l’attendre d’un joueur au talent certain. Dans ces moments, on peut se demander si l’OGC Nice ne risque pas d’être un saut très, ou trop, périlleux pour notre jeune attaquant.

La confiance et la joie que j’abordais lors de la reprise du championnat sont en train de se transformer gentiment en une sorte de scepticisme combiné à une profonde prise de conscience de la tâche ardue qui attend notre club lors des prochaines échéances. Plus que le faible niveau de jeu proposé par nos joueurs, le manque de cohésion flagrant au sein de l’effectif me saute aux yeux. On ne semble plus retrouver cet esprit d’équipe offensif et percutant qui avait fait la force du LS lors du premier tour (et qui cachait fièrement certaines difficultés qui éclatent aujourd’hui au grand jour). Je suis convaincu que l’équipe a la force et l’envie pour rebondir rapidement et reprendre sa marche en avant. Il nous reste encore un petit matelas de sol d’avance sur notre plus proche poursuivant. L’objectif final reste le même : une promotion et une inauguration du nouveau stade en Super League.

Allez Lausanne, #yapasplusfort.

Nota bene : nous avons profité de flâner à la sortie du match pour demander à Igor Nganga son avis sur le match du soir ainsi que de la prestation de son jeune coéquipier, Gabriel Bares.

Salut Igor, on voulait tout d’abord savoir comment tu allais et pourquoi tu n’avais pas joué ce soir ?
Je vais bien, merci ! C’est simplement que je devais me reposer aujourd’hui pour me préserver car je commençais à avoir des douleurs aux ischios. Après avoir enchaîné 3 matchs, nous avons décidé d’un commun accord avec le coach et le staff médical qu’il était plus prudent que je me repose. Les matchs
s’enchaînent beaucoup et il est important de se préserver. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est de la fraîcheur. J’aimerais être à 100% vendredi contre Aarau pour aider l’équipe.

Qu’as-tu pensé de la prestation de ton jeune coéquipier Gabriel Bares ? 
Très bon. Je me réjouis de le voir à son poste de prédilection au milieu de terrain. Il a montré ses qualités et on espère qu’il aura sa chance à son poste ! On sait qu’il attend que ça !

Merci Igor pour ces quelques mots, ta franchise et ta disponibilité ! On se réjouit de te voir jouer vendredi !

By Pierre Eggli.

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