Ce n’était pas gai, t’sais.

« Tout va très vite dans le football ». Tel est l’adage fréquemment utilisé quand on parle de sport, et plus particulièrement de ballon rond en ce qui nous concerne. Que celles et ceux qui doutent encore du véritable sens de cette maxime étudient de près le FC Lausanne-Sport version 2019-2020. Ou s’ils n’ont pas de temps à perdre, l’intervalle de mars à ce jour suffit amplement.

Tout avait pourtant bien débuté pour nos joueurs. Dans son habituel 4-3-3, le LS a débuté sa partie de manière très entreprenante et en laissant que peu d’espace à son hôte du soir. Le seul avantage de jouer avec peu de public, c’est qu’on entend absolument tout ou presque ce qui se dit sur et au bord du terrain. Contini ordonne à ses joueurs de mettre la pression, Lausanne semble à l’aise et prive GC (pas Giorgio Contini) de ballon. Mais cela ne va durer que 15 minutes. Pendant ce quart d’heure vaudois, Oliver Buff en profite pour essuyer ses crampons sur notre latéral serbe. Ce n’est pas du tout beau à voir et l’ancien joueur du FCZ (sic !) peut s’estimer heureux de ne ramasser qu’une biscotte. Lausanne ne se procure que peu d’occasions et va laisser GC prendre le jeu à son compte. A la perte du ballon, le LS place immédiatement un premier rideau défensif de 5 bonhommes (3 attaquants et 2 milieux). Cette stratégie met de la pression sur son adversaire mais une fois que ce dernier a compris la maniclette, il suffit d’une passe pour se débarrasser de 5 pions et de n’avoir « qu’à » affronter Kuki comme milieu résiduel. A la perte du ballon, Lausanne a donc joué à se faire peur et devra, à mon sens, corriger cela au plus vite. On ne peut pas se permettre d’offrir tant d’espace à notre adversaire, qui plus est dans un match aussi important. Parenthèse tactique fermée.

Le début match reste relativement fermé avec peu d’occasions franches des deux côtés. Boranijasevic, auteur d’un gros match, nous régale avec ses crochets en zone offensive et distille quelques centres dangereux. Sur le plan défensif, il s’arrache et montre qu’il est largement à son affaire. Vu qu’on parle de la défense, Castella est fidèle à lui-même. Décisif au sol, dans les sorties aériennes et sur les frappes dangereuses des Zurichois, notre ange gardien mérite une statue pour l’ensemble de son œuvre cette saison. Et je pèse mes mots. Avec les suspensions de Flo et Gétaz, Contini a titularisé Machado au poste de latéral gauche. Issu des M21, ce garçon a de belles qualités et a fait preuve d’un bel état d’esprit dans ce match pas facile. Il serait très intéressant de pouvoir revoir ce jeune défenseur central de 20 ans.

Comme Oliver Buff, Ben Khalifa essuie ses souliers sur la cheville de Kuki. Encore une fois, GC s’en sort avec un jaune. Cela en devient presque insupportable. D’autant plus que NBK récidivera plus tard dans le match et aura la chance de terminer la partie. On a connu des arbitres moins cléments (pas Turpin). Sur cette première période, les Sauterelles ont gentiment pris le jeu à leur compte, proposé des mouvements très intéressants et sont logiquement récompensés à la 37e par une mine que Castella n’est pas loin de dévier. Malgré quelques belles percées d’Oliveira sur son côté, le LS ne peut que constater la supériorité de son adversaire après 45 minutes de jeu.

On commence la seconde période par une perte de balle à mi terrain, sans conséquence fort heureusement. 6 minutes plus tard, Chrigu dépose son corner sur le plot de Turkes et c’est un partout. On se dit que le vent tourne et qu’on va enfin revenir dans la partie et pourquoi pas rééditer le même exploit qu’en décembre et ce 1-2 arraché ici même. ET-BIEN-NON ! L’espoir sera de très courte durée. NBK torpille les filets lausannois et c’est déjà 2-1 à l’heure de jeu. S’en suivra un long monologue zurichois, ponctué par un 3e but synonyme de victoire. 3 points amplement mérités pour GC qui a fait le match parfait et qui se profile non pas comme un candidat aux barrages, mais bien à la première place.

Que dire de ce match ? Tout d’abord, on ne peut qu’exprimer notre frustration. Où est passé la jouerie, la confiance et le bel état d’esprit qui régnait avant cette pause forcée ? J’ai tout de même l’impression que le LS se présente à chaque match avec un seul plan de jeu en espérant que cela fonctionne. Et lorsque l’adversaire a saisi la subtilité (Vaduz et GC notamment, SLO en août), le LS semble bien incapable de réagir, de proposer une alternative et de se rebeller en équipe. On a également vu hier des joueurs complètement cramés. Kuki enchaîne les matchs par exemple, tout comme Turkes. Corollaire ? On joue presque à 9 durant 20 bonnes minutes. Le plus flagrant, c’est aussi cette obstination de vouloir absolument marquer son but tout seul. Je pense à ce même Turkes qui, en fin de match, s’entête à vouloir garder le ballon dos au but alors que Geissmann s’arrache pour proposer un appel intéressant. Et que dire de Zeqiri ? Où est passé le joueur décisif que l’on connaît ? Sa frustration et son carton bête le priveront de match contre le SLO mardi. Mardi, parlons-en. Le LS doit obligatoirement se ressaisir. Avec 10 points d’avance, la situation n’est de loin pas dramatique. Un bon résultat dans le derby et un exploit de Wil à Zurich peut nous permettre de maintenir voire creuser notre écart . Certes, ces 2 points récoltés en 3 matchs noircissent le tableau. Je reste toutefois convaincu que rien n’est fini, les joueurs ont toutes les cartes en main pour conserver ce matelas. A condition de mieux gérer les prochaines échéances, de retrouver la confiance et d’éviter les cartons bêtes.

By Védouble.

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