Au sortir de ce match, j’ai comme une impression de déjà-vu. A peu de chose près, on a eu droit au même scénario que vendredi dernier contre Wil. Le schlager en moins. Un adversaire venu pour ne pas perdre, un Lausanne qui joue à se faire peur alors qu’il a toutes les cartes en main pour remporter ce match mais qui laisse son adversaire prendre confiance. Et la suite vous la connaissez. Un peu comme si, après de longs efforts, le LS réussit à pêcher un magnifique poisson mais au lieu de lui porter le coup fatal, ne trouve rien de mieux à faire que de lui administrer un massage cardiaque couplé à un bouche-à-bouche salvateur. Et ce soir nous ne sommes pas passés loin de voir ce brochet filer dans le lac à nouveau.
C’est donc immédiatement après mon retour au bercail que j’écris ces lignes. Battons le fer tant qu’il est chaud. Des retrouvailles très plaisantes avec la Pontaise, à la limite du jouissif. Retrouver ce vieux stade, ce speaker, ce soleil qui vous tabasse le museau, le verre d’eau à CHF 4.00 et la bière aussi fade que la prestation de l’arbitre du soir, j’ai nommé El Maestro Jaccottet. Que du bonheur. Au niveau des tribunes, on se croirait en juillet lors d’un match amical contre Monaco, l’odeur de désinfectant en sus. La tribune est garnie mais il y a 8 sièges vides entre chaque personne. A Lausanne on ne rigole pas avec les distances réglementaires. Et ce depuis des décennies.
Parlons du match. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi nos braves joueurs arrivent à se chier dessus ? Bon sang, nous sommes à la première place avec un confortable matelas de 13 points d’avance. Dites-moi si je me trompe mais tout est réuni pour se faire plaisir et jouer quelque peu relâchés, ou bien ? Mais non, le LS nous a offert un festival d’approximations, de passes ratées et d’offrandes à l’adversaire. Fort heureusement, les intrus du championnat ont été aussi efficaces à la finition qu’un policier devant les manifestantes et manifestants du 14 juin. Bob Ratcliffe, présent au stade ce soir, a dû fort apprécier ce début de rencontre détestable. Mais par contre qu’est-ce qu’on a ri en savourant le jeu au pieds du gardien visiteur. Soit il a joué avec des KS, soit il a enfilé ses souliers sans les sortir du carton. Il fallait le voir pour y croire. Je n’en dis pas plus, vous n’aviez qu’à venir au stade bande de fainéants.
Autre fait marquant et ô combien énervant : les éternels râleurs de la tribune Nord. Vu qu’on est que les deux, je dois t’avouer que moi aussi il m’arrive de râler. C’est même un pléonasme aigu. Mais ces braves hommes de la Nord jouent dans la cour des grands. Râler à chaque perte de balle pour ensuite rester les bras croisés à la récupération de cette même balle, c’est magistral. Bref, ici c’est Louozanne. Une autre chose qui m’a marqué c’est de voir Nganga terminer le match. A créditer d’une solide performance, Nganga Déménagement, Démolition et Transport de pianos Sàrl a fait le ménage, sans prendre de carton et dans le style qu’on lui connaît, à savoir aux antipodes de l’esthétisme. Mais il est efficace le Igor, il ne triche pas et marque son territoire. Côté Vaduz, Cicek m’impressionne toujours autant et son placement entre les lignes lausannoises fait des dégâts. On frise le 0-1 par moment. La première période s’achève sur un 0-0 frileux, avec un Vaduz qui se montre dangereux une ou deux fois et un LS à la fois brouillon, entreprenant et maladroit à la finition. Un avantage d’un but pour les locaux n’aurait pas été volé.
La pause est l’occasion de prendre des nouvelles de Loosli, éloigné des terrains pour encore quelques semaines « je travaille dur pour revenir le plus vite possible, mais j’en ai pour 4 semaines. Le ligament n’est pas encore stable et un retour précipité aggraverait la situation ». On lui souhaite un bon et prompt rétablissement et on espère le voir rapidement de retour sur les terrains en pleine forme.
Seconde période qui débute magnifiquement bien avec une mine de Koura, entré en jeu à la place d’Oliveira. Un Exocet qui ne laisse aucune chance au portier adverse. Tieu c’est beau ! Le LS est en confiance, prend le dessus sur son adversaire et Kuki, en bon capitaine, sait poser le pieds sur le ballon pour calmer les ardeurs lausannoises. Boranijasevic nous régale avec ses crochets et Koura manque le doublé pour un rien. Hélas, s’en suivra une perte de balle à 20 mètres des buts adverses, un contre rondement mené et Vaduz égalise. S’en suivront 15 bonnes minutes de domination des visiteurs et un Lausanne qui ne savait pas comment reprendre confiance et accessoirement sa marche en avant. Vaduz est clairement venu pour défendre, a joué la montre à maintes reprises tandis que le LS a tout fait pour remporter la totalité de l’enjeux. Notre latéral serbe a failli plier le poteau en deux avec une frappe de dingue qui aurait mérité un meilleur sort.
La fin de match est stressante, l’entrée de Pasche fait du bien mais les visiteurs se disent qu’il y a quelque chose à faire ici. Se taper un voyage long comme un jour sans pain c’est déjà chiant au possible, alors autant jouer et espérer glaner plus qu’un point. En plus, avec l’aide de cet incapable d’arbitre, ils peuvent impunément faire faute, sans risquer quoi que ce soit. Quant à nous, chaque poussette rime avec faute et même une expulsion consécutive à un second avertissement pour Flo qui sortira sous les applaudissements du public. Vivement que cet arbitre ou plutôt cette parodie prenne sa retraite ou aille sévir en Autriche, Luxembourg ou Dieu sait où. Quelle plaie.
Je vous parlais du tournus de Contini et j’ai trouvé qu’il s’en est bien tiré avec ses changements. Changer Oliveira à la pause pour Koura qui ouvre le score, c’est un changement gagnant. Ensuite, les remplacements de Geissmann, Chrigu et Zeqiri par respectivement Pasche, Puertas et Getaz sont cohérents. Vendredi on joue GC et il est important de faire souffler quelques éléments. Garder Turkes sur le terrain prouve que le LS voulait à tout prix gagner. Et c’est positif.
Au final, GC prend un point, nous aussi et contre notre poursuivant. C’est, d’un point de vue comptable, loin d’être misérable. On garde 13 points d’avance à 11 matchs de la fin. Mon acolyte du soir annoncera un « mi figue, mi-raisin » et je ne peux toutefois pas lui donner tort. Lausanne avait la place de mettre le 2-0 et aurait pu aussi voir Vaduz planter le 1-2 en fin de match. Les joueurs n’étaient pas contents au moment de rejoindre les vestiaires et c’est encourageant. Ils voulaient remporter la victoire ce soir. Il faudra néanmoins se contenter d’un point. Le sprint final est lancé et l’obstacle zurichois se dressera devant les Lausannois vendredi. Un point au minimum est souhaité, la défaite à éviter.
By Védouble.
