Le 28 février 2020, les pontes du fôôt suisse réagissaient, je cite, « La Swiss Football League (SFL) réagit à l’ordre du Conseil fédéral et renvoie tous les matches de la 24e journée de Raiffeisen Super League et de Brack.ch Challenge League de ce week-end à une date ultérieure encore à définir. ». Nous ne nous rendions pas encore compte que nous n’allions plus revoir la pelure pendant près de trois longs mois et demi (j’insiste sur le demi car ce fut aussi long qu’un jour sans pain).
La reprise est arrivée plus rapidement que prévu car la SFL s’est pliée en quatre pour que le FC Bâle puisse éviter d’éventuellement voir son calendrier aoûtien encombré avec des parties d’Europa League, en sus des matchs de championnats et de coupe. Au final, nous sommes tous très heureux. Le football reprend ses droits. Pour de vrai cette fois-ci.
Au sortir de deux matchs amicaux plus que convaincants et ponctués par une écrasante victoire contre l’équipe de notre ex-licorne préférée, le LS disputait ce dimanche son quart de finale contre le club rhénan. En cas de succès, un potentiel boulevard à faire pâlir les Champs-Elysées s’ouvraient aux joueurs lausannois. A cette occasion, le club a eu la brillante idée de s’associer à onze bars de la Ville pour offrir à ses supporters l’occasion de vivre ce match au plus proche d’une ambiance traditionnelle. Bravo au club pour cette superbe initiative et à toutes et tous d’avoir joué le jeu !
Ni une ni deux, mon acolyte et moi-même inscrivons une table de 4 personnes au Bamee Bar. Dès le réveil, la tension est palpable, contrairement au sol. Terrassé par une belle gueule de bois de la veille, mon esprit est déjà au match de l’après-midi. Après avoir ingurgité un gros petit déjeuner et fait subir
à ma copine l’excitation qui montait en moi à l’approche de cette reprise, je pars en éclaireur direction le Bamee. J’ai bien fait d’y aller suffisamment tôt car nous avons pu obtenir une table royale, digne de la tribune VIP de la Pontaise.
Je commande rapidement ma première bière et me cale tranquillement dans mon siège en attendant les copains qui ne vont pas tarder à débarquer avec
leur plus beau maillot. À 16h pétantes, le match débute avec une équipe 5* pour le LS. Face à lui, le efftsébé avait aussi dégainé l’artillerie lourde, avec, notamment, un Samuele Campo dans le onze de départ pour son retour à Lausanne. Je ne me souviens pas de la dernière fois que j’avais éprouvé
autant de passion en regardant un match à la TV.
Autant être honnêtes avec nos lecteurs. Vous ne trouverez pas le moindre fait de jeu ou analyse tactique pertinente dans les lignes qui suivront. L’esprit fut rapidement embrumé par l’enchaînement des choppes de pisses…
Les joueurs lausannois nous proposent une première mi-temps très encourageante avec de l’envie, de la passion et un but refusé pour un hors-jeu de notre bomber à moustache, Aldin Turkes. Notre rythme cardiaque s’est emballé d’un coup. On redécouvrait ainsi des sensations oubliées depuis des lustres Peu avant la fin des 45 premières minutes, le cortège féministe nous détourne quelques instants de l’écran de télévision. Nous l’accueillons avec des chants à la gloire du LS en espérant recruter de nouveaux supporters pour la saison prochaine. Essayer pas pu, ça leur en touche une sans faire bouger l’autre. Une personne arrive tout de même à faire une vanne sur la situation en précisant que les femmes de la manifestation ont refusé de s’arrêter « bouffer une saucisse » au stand improvisé par le Bamee. Quelqu’un ose même rajouter qu’il y en avait un paquet. On a connu plus léger. Bienvenue au LS.
Mi-temps, 0-0. Les bières s’enchaînent et le photographe du Bamee semble mieux cadrer que nos attaquants. Quelques minutes après la reprise, une version haut-de-gamme de Cabral plantait deux bu’ coup sur coup, dont une cabriole acrobatique sortie de nulle part. On commence à flipper. C’est sans compter sur un redoutable Andi Zeqiri qui vient réduire la marque (Pas François). On reprend espoir. Bingo, Geissmann fait exploser le bar en ramenant le score à 2 partout. On semble se diriger tout droit vers les prolongations car les dieux du foot ne semblent pas vouloir qualifier notre équipe. Un savant mélange de cul bordé de nouilles et de talent permet à Omlin de sauver son équipe à maintes reprises. Pour le plus grand malheur des Vaudois. Il fait chier celui-là.
Les prolongations nous offrent que très peu d’occasions à se mettre sous la dent. On se prépare déjà à subir le stress et la pression (en plus des pressions) qu’imposerait une cruelle séance de pénoches. Mais cela, c’était avant que Widmer ne crucifie Castella et sonne le glas des lausannois. Quelle Widmerde.
Résultat des courses : le FC Bâle rejoint le dernier carré en éliminant un LS conquérant qui aura prouvé à tous qu’il avait entièrement sa place dans l’élite du football helvétique. Maintenant, place au championnat et à une promotion qui nous tend les bras !
Du côté de la table des Ponthèses, après plus de 20 bières et quelques « p’tits shots », on se dirige vers la gare pour ingurgiter le seul vrai repas de la journée et se remémorer ces dernières heures qui nous ont rappelé à quel point le football avait pu nous manquer. A aucun moment, nous avons pensé au pénible réveil qui nous attendait le lendemain. Je souhaite également tirer mon chapeau à nos copines respectives pour leur accueil tolérant et plein d’empathie après cette folle journée.
RDV vendredi pour le match contre le FC Wil ! Il ne faudra rien lâcher car la route est encore longue avant la promotion. Mais les récentes prestations de notre LS sont vraiment encourageantes en vue des prochaines échéances.
Y’a pas plus fort !
FC Lausanne-Sport – FC Bâle 2-3 après prolongations (0-0)
Dimanche 14 juin 2020
Stade Olympique de la Pontaise
0 spectateur (faut voir)
By Pierre Eggli.

