Jean-Jacques Goldman et sa chanson intitulée « Brouillard » commence par : brouillard et matin, blanches et froides mes mains. Il suffit de remplacer matin par après-midi et on y est. Ce dimanche frisquet a tout de même vu 2206 personnes se mobiliser pour ce premier match de l’année 2020 à la Pontaise. Et un invité de marque (pas François) inattendu : le brouillard. Vu qu’on est que les deux, je vais t’avouer kéchoze. J’en ai vu des météos incertaines et merdiques dans notre antre sise route des Plaines-du-Loup 7, 1018 Lausanne. Il y a eu la chaleur étouffante du mois de juillette, celle où tu te dis « j’prends ma laine au kazoù », celle où tu te maudis d’avoir oublié tes yeux à soleil dans l’auto, celle où le match est renvoyé à cause de la neige, où la p’louse est imbibée d’eau ou encore celle qui te force à porter des vêtements thermiques sous 3 couches et la veste. Mais ce fichu brouillard, jamais. Et il n’a pas fait les choses à moitié le bougre puisqu’il est venu dans son plus bel attirail, bien épais et aussi opaque qu’un transfert d’un pur talent lausannois à destination de la French Riviera.
Tout ça pour dire que l’arbitre choisit de laisser un ultimatoume de 30 minutes au brouillard pour retourner à ses études. On y croit sans trop y croire vu qu’on n’arrive même pas apercevoir la tribune sud. Roulement de tambours et notre speaker favori annonce la bonne nouvelle, les festivités auront lieu. Bière aux pieds et les deux mains dans les poches, en voiture Simone !
Il m’a fallu moins de 120 secondes pour être certain que les 3 points allaient rester à la Pontaise et que Kriens (EEEEEEEEEEEEENS) allait repartir comme il était venu, à savoir avec 29 points au classement. Notre latéral Nikola Boranijasevic s’emmêle quelque peu les pinceaux aux abords de la surface de réparation et un lucernois s’emparent du ballon et sert magistralement Follonier plein axe qui n’a plus qu’à ajuster. Merci Daniel d’avoir transformé la penalité, mais le rugby c’est sur France 2 pendant les 6 Nations. Grosse frayeur mais avertissement sans frais. Ce n’est pas la première fois que l’adversaire est très dangereux en début de partie à la Pontaise (SLO et Schaffhouse, et j’en oublie certainement), qu’on a le cul bordé de nouilles et que derrière on gère. Bis repetita contre Kriens puisque, suite à ce tir dans les casernes, notre équipe prend le jeu à son compte pendant que le brouillard s’en va au café. Sans pression adverse, le LS est dans la gestion, combine bien et se procure de belles chances de scorer avec notamment un Oliveira bien en jambes sur son aile. Peu avant le quart d’heure de jeu (ou Vaudois, comme vous le voule), Schneuwly adresse un corner parfait sur la tête de Loosli qui ouvre le score. Rien ne peut nous arriver cet après-midi, pour autant que le brouillard ne joue pas les trouble-fêtes.
Ce dernier n’aura laissé que 10 minutes de répit aux 22 acteurs de la rencontre. Le temps au LS donc de la mettre au fond puis de gérer son infime avantage jusqu’à l’expulsion d’un Lucernois pour une vilaine faute sur Boranijasevic, suivie de la mi-temps.
Redoublant d’intensité, le crachin nous prive presque du match mais les joueurs s’en sortent plutôt bien et le LS a 45 minutes à 11 contre 10 pour faire le job. Pour être tout à fait honnête, on a eu de la peine à voir correctement le fotbal présenté. J’en veux pour preuve le but de Koura où on a vu la longue transversale de je ne sais qui, suivie d’un centre de Boranijasevic (encore lui) que Koura transforme à la 74e.
S’en suit ensuite un dernier quart d’heure (encore lui aussi) de gestion et de conservation du ballon. Le LS gère son avantage dans la brume et… sous les sifflets de quelques supporters ne supportant pas de voir 4 passes en retrait à 10 minutes de la fin du match alors que le score est de 2-0 et que même Mike Horn ne s’aventurerait pas sur un tel terrain. Pauvres gens.
Je terminerai cet article en relevant la désormais habituelle excellente prestation de Loosli. Bien que son but soit trèèèèès zimportant, il tient à la baraque avec un calme olympien, récupère énormément de ballons et sait relancer autrement qu’en tribunes. Notre capitaine Kuki a été étincelant durant la première période (ensuite on a rien vu, vous aurez compris). Avec ses deux pieds, il distille des caviars à la pelle et se montre sans cesse disponible. Mention spéciale à Pasche, Oliveira et Koura. Le premier pour sa combativité jusqu’à sa sortie pour Koura, Koura justement pour son but qui a définitivement clos le bal et Oliveira car il a été au four et au moulin, omniprésent sur son aile tant offensivement que défensivement quand il a fallu récupérer une passe ratée.
Belle prestation de notre LS, tout en maîtrise et qui lui permet de prendre 9 points d’avance sur les insectes qui ont deux points communs avec nous. Les couleurs et le stade vide. Autant les couleurs on partage volontiers le gâteau, mais le stade vide on peut y remédier.
FC Lausanne-Sport – SC Kriens 2-0 (1-0)
Dimanche 02.02.2020 à 15h
2206 spectateurs
By Védouble.